L'ONU appelle le Sri Lanka à mettre fin à la "culture de l'impunité" pour les crimes de guerre

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a appelé le Sri Lanka à "en faire plus" pour mettre fin à "la culture de l'impunité" pour les crimes de guerre et autres abus, enracinée selon lui depuis longtemps dans ce pays.

Dans son dernier rapport, le Haut-Commissariat déplore l'incapacité persistante à mener des enquêtes efficaces et des poursuites pour les crimes commis pendant le conflit armé qui a opposé de 1983 à 2009 le gouvernement du Sri Lanka aux séparatistes des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).

Les gouvernements successifs du Sri Lanka ont résisté aux appels à enquêter sur les allégations selon lesquelles les forces de sécurité ont tué au moins 40.000 civils tamouls dans les derniers mois de la guerre qui a pris fin en mai 2009.

"Même s'il est encourageant que les autorités sri-lankaises aient pris des mesures pour traiter les affaires de corruption et des crimes liés à la période post-guerre, il faut en faire plus pour mettre fin au long héritage d'impunité dans le pays", a déclaré M. Turk dans un communiqué.

Il a estimé "crucial" que des mesures "décisives et significatives" soient prises pour que les auteurs des "crimes et violations commis par toutes les parties pendant le conflit armé" rendent des comptes.

Le rapport, qui couvre la période d'octobre dernier à juillet 2026, a noté les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la corruption et salué des arrestations et enquêtes liées à des assassinats politiques, disparitions forcées ainsi qu'aux attentats terroristes meurtriers du dimanche de Pâques 2019.

Mais il déplore que le gouvernement, bien que promouvant l'unité nationale et dénonçant le racisme, ait continué à appliquer la loi "répressive" sur la prévention du terrorisme.

L'application de cette loi s'est traduite par "des arrestations arbitraires et des détentions prolongées sans inculpation", a souligné le rapport qui appelle le Sri Lanka à abroger cette loi et à "libérer tous les prisonniers politiques".

Des acteurs de la société civile, des militants et journalistes ont entretemps fait l'objet d'une surveillance d'Etat, selon le Haut-Commissariat qui indique avoir reçu au moins 16 signalements au cours de la période couverte par le dernier rapport.

Les cas de torture et de décès en prison persistent, a souligné le rapport.

La Commission des droits de l'homme du pays a documenté 602 cas de torture et de mauvais traitement en 2025, et 138 cas au cours des quatre premiers mois de cette année.

Elle a indiqué avoir reçu les signalements de 18 cas de décès en prison en 2025, et trois autres en avril 2026.

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