Le massacre de Srebrenica organisé par Ratko Mladic

Les funérailles de Ratko Mladic, prévues lundi à Belgrade, ravivent le douloureux souvenir du massacre de Srebrenica, en juillet 1995, pour lequel l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie purgeait une peine de prison à perpétuité à La Haye.

Mladic avait été reconnu coupable de génocide pour son rôle dans cette tuerie, la pire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a coûté la vie à environ 8.000 hommes et adolescents musulmans.

L'Assemblée générale de l'ONU a créé en 2024 une Journée internationale de commémoration de ce génocide à la date du 11 juillet.

- Une enclave assiégée -

Dès le début du conflit intercommunautaire, qui embrase la Bosnie en avril 1992, les forces armées des Serbes de Bosnie lancent le siège de Srebrenica, ville à majorité musulmane située dans l'est de la Bosnie, à 15 kilomètres de la Serbie.

En avril 1993, dans une ultime tentative pour éviter sa chute, l'ONU déclare "zone de sécurité" l'enclave de 148 km2 et y déploie des Casques bleus chargés d'en assurer la protection.

Mais début juillet 1995, les troupes du général Ratko Mladic prennent le contrôle de positions de la Force de protection des Nations unies (Forpronu), après avoir pris en otage une trentaine de Casques bleus néerlandais. Les chars serbes sont alors à moins de deux kilomètres de la ville.

Le 11 juillet, Srebrenica tombe aux mains du chef militaire, glorificateur d'une "République serbe" ethniquement pure, comme son alter ego politique Radovan Karadzic.

- Le massacre -

Les jours suivants, les hommes et adolescents musulmans sont séparés des femmes, avant d'être emmenés dans des camions et des cars, puis exécutés. Des centaines, ayant fui dans les forêts environnantes, sont rattrapés et abattus.

La population cherche refuge auprès des Casques bleus néerlandais, qui se sont repliés dans leur base voisine de Potocari. Mais, débordés par cet afflux massif, des soldats ferment les grilles de la base, laissant les réfugiés face aux forces de Mladic.

En quelques jours, le massacre fait plus de 8.000 morts.

Les pelleteuses se mettent à leur sinistre besogne pour enterrer les corps dans des fosses communes. La plupart de ces charniers ont par la suite été ouverts avec des bulldozers pour déplacer les cadavres afin de dissimuler l'étendue du crime. A ce jour, les restes de quelque 1.200 victimes sont toujours recherchées, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

- Condamnations -

Dès le 17 juillet, des témoignages affluent: des réfugiés font état de meurtres, tortures, viols commis par les hommes de Mladic, dans l'enclave et sur la route de l'exode de la population civile.

Le 24 juillet et le 16 novembre, Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont inculpés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Longtemps en fuite après la guerre, qui a pris fin le 21 novembre 1995 avec les accords de Dayton, ils ont été tous deux condamnés à perpétuité.

Au total, plus de 50 condamnations, dont une vingtaine pour génocide, ont été prononcées par la justice internationale et les tribunaux en Bosnie et en Serbie.

La communauté internationale a régulièrement été accusée d'avoir abandonné les victimes, notamment en n'ordonnant pas de frappes aériennes.

L'Etat néerlandais a lui été jugé, par la Cour Suprême du pays en 2019, en partie responsable du massacre de 350 musulmans par les forces serbes.

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