L'ambassadeur américain en Israël a affirmé samedi qu'il n'existait "aucun plan" pour expulser des Palestiniens de la bande de Gaza, après que des ministres israéliens ont appelé à vider le territoire de ses deux millions d'habitants et à les transférer à l'étranger.
"Je peux vous affirmer catégoriquement qu'il n'existe aucun plan israélien pour expulser la population de Gaza contre sa volonté", a déclaré Mike Huckabee aux journalistes à l'occasion d'une visite à des citoyens américains installés en Cisjordanie occupée.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, issu de l'extrême droite, a présenté jeudi un plan prévoyant le départ de 250.000 Palestiniens de Gaza au cours de la première année, puis celui du reste des quelque deux millions d'habitants au cours des six années suivantes.
Ses propos sont intervenus un jour après que le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré qu'Israël était prêt à faire partir les Palestiniens de Gaza par voie maritime et terrestre, mais attendait les Etats-Unis, qui, selon lui, discutaient de leur destination.
M. Katz, sans citer sa source, a affirmé que 80% des habitants de Gaza souhaitaient partir, mais que le Hamas les en empêchait.
L'ambassadeur américain a déclaré que l'administration du président Donald Trump souhaitait donner aux Palestiniens la possibilité de partir de leur plein gré.
"Si des gens souhaitent partir, ils doivent avoir le droit de le faire", a-t-il soutenu, qualifiant de "honte" le fait d'"emprisonner" les Palestiniens à Gaza.
"Personne ne suggère qu'il y aurait des déplacements forcés - ni les Israéliens, ni les Américains. Je ne connais personne qui soutienne cela", a-t-il ajouté.
Le déplacement forcé d'une population civile depuis un territoire occupé est considéré comme un crime de guerre au regard des Conventions de Genève.
La quasi-totalité de la population de Gaza a déjà été déplacée à l'intérieur du territoire par l'offensive militaire israélienne lancée après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Depuis le début de la guerre, plusieurs responsables politiques israéliens d'extrême droite ont évoqué le retour de colons dans la bande de Gaza, où Israël avait démantelé ses colonies en 2005 dans le cadre d'un plan unilatéral de désengagement.
Le président Trump avait proposé au début de son second mandat de déplacer au moins temporairement tous les Palestiniens de Gaza et de transformer ce territoire dévasté en station balnéaire de luxe.
Il a fait marche arrière face aux réactions négatives de plusieurs pays, dont l'Egypte, le seul pays avec Israël à partager une frontière avec Gaza.

