Les rebelles birmans combattant pour la démocratie ont revendiqué vendredi l'attaque de drones la veille contre le deuxième aéroport le plus fréquenté de Birmanie, celui de Mandalay, affirmant qu'ils avaient visé des avions de combat présents sur une piste.
Les Forces de défense du peuple (PDF), le plus important des groupes luttant pour le rétablissement de la démocratie qui se sont formés après le putsch de 2021, ont déclaré sur leur page Facebook que les appareils pris pour cible étaient des Yak-130 fabriqués en Russie.
Les PDF ont précisé que trois de leurs membres avaient été tués dans cette opération.
L'aéroport a été attaqué jeudi après-midi par six "drones suicides", avait écrit le gouvernement dans un communiqué. Aucune victime n'a été déplorée mais le trafic aérien a été perturbé.
Le pouvoir a accusé les rebelles d'avoir voulu s'en prendre à "un système de transport public non militaire".
Ces derniers ont en retour reproché au gouvernement de "diffuser une propagande trompeuse pour faire croire que l'aéroport civil de Mandalay, situé en face de la base aérienne, était la cible".
L'aéroport de Mandalay a été temporairement fermé vendredi par précaution avant la reprise des vols vers 16H00 (09H30 GMT).
Ce raid "s'est produit à une certaine distance du bâtiment de l'aéroport mais nous avons préféré le fermer par mesure de précaution", a dit à l'AFP une source des services de sécurité sous couvert d'anonymat car n'étant pas autorisée à s'exprimer auprès des médias.
Un deuxième responsable de la sécurité travaillant dans un autre aéroport birman, qui a également requis l'anonymat, a assuré que l'aéroport de Mandalay, une importante plateforme pour les vols internationaux et intérieurs dans le centre de la Birmanie, avait été "fermé pour maintenance".
Mais des groupes civils de surveillance de l'activité aérienne militaire considèrent que c'est également une piste utilisée par l'armée de l'air pour réaliser des missions sur le territoire birman.
- Des drones dans les deux camps -
Les généraux ont en effet déclenché une guerre civile en faisant il y a plus de cinq ans et demi un coup d'Etat qui a mis fin à dix années de gouvernement civil sous le mandat d'Aung San Suu Kyi.
Dans la phase actuelle, les militaires sont à l'offensive contre une multitude de guérillas combattant pour la démocratie et issues de minorités ethniques.
L'action de vendredi a constitué une rare attaque des rebelles reconnue comme telle dans l'une des grandes zones urbaines de Birmanie, généralement restées des bastions de l'armée.
Il n'a pas été possible de vérifier si la zone prise pour cible était de nature civile ou militaire mais des journalistes de l'AFP ont déjà vu des avions de combat survoler l'aéroport de Mandalay.
Tant les rebelles que les militaires birmans utilisent désormais des drones dans la guerre civile, qui a fait plus de 100.000 morts, selon certains observateurs.
Mais l'armée de l'air, équipée d'avions de fabrication chinoise et russe, s'est révélée essentielle pour repousser les groupes de guérilla, selon des analystes.
Les forces aériennes gouvernementales sont en outre accusées d'avoir attaqué des civils dans des écoles, des monastères et pendant des cérémonies publiques, faisant de nombreuses victimes. Des organisations de défense des droits humains pensent que certaines de ces opérations militaires pourraient avoir été des crimes de guerre.

