Le procès d'un ancien directeur de prison en Libye, surnommé "l'Ange de la mort", accusé de meurtres, viols et tortures s'ouvrira le 4 mai, a indiqué lundi la Cour pénale internationale.
Khaled Mohamed Ali El Hishri, 48 ans, est jugé pour 17 chefs d'accusation, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui auraient été commis entre 2014 et 2020 à la prison de Mitiga, près de Tripoli.
Son procès est le premier à découler d'une enquête mandatée par l'ONU sur des crimes présumés en Libye, lancée en 2011.
Selon les procureurs de la CPI, qui siège à La Haye, El Hishri était un "tortionnaire notoire" à la prison de Mitiga, près de Tripoli.
Lors d'audiences en mai, la procureure adjointe de la cour, Nazhat Shameem Khan, a cité un témoin affirmant qu'El-Hishri comptait "parmi les pires instigateurs de violence" et un autre disant qu'il était surnommé "l'Ange de la mort".
"L'une de ses méthodes de torture préférées, telles que décrites par les témoins, consistait à tirer sur les gens, en particulier dans la jambe et le genou", a déclaré Mme Khan. "Il pendait également les personnes, les mains liées dans le dos, et frappait les gens avec une pelle".
Le suspect a personnellement violé, assassiné et torturé des détenus à titre d'exemple pour les autres gardiens, a affirmé l'accusation.
Son avocat a déclaré aux juges en mai que son client niait les accusations et contestait la compétence de la cour de La Haye.
La Libye est toujours aux prises avec les conséquences du conflit armé et du chaos politique qui ont suivi le soulèvement de 2011, soutenu par l'Otan, et qui a renversé le dictateur Mouammar Kadhafi.
Ce pays riche en pétrole reste divisé entre un gouvernement reconnu par l'ONU à l'ouest et son rival oriental, soutenu par le commandant militaire Khalifa Haftar.
La CPI juge des individus pour les crimes les plus graves au monde, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

