Corps dans les décombres de Gaza: l'ONU réclame un accès pour des enquêteurs internationaux

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a réclamé mardi que des enquêteurs internationaux soient autorisés à accéder à la bande de Gaza "pour aider à la collecte de preuves", suspectant de possibles violations et crimes de guerre par Israël.

"On exhume actuellement, sur des sites pulvérisés par les attaques israéliennes, les restes de ce qui semble être des familles entières", a déclaré Volker Türk dans un communiqué, affirmant que la découverte d'un "grand nombre" de dépouilles de Palestiniens à Gaza-ville "ravive des préoccupations concernant des crimes de guerre et d'autres crimes atroces".

"Je crains que les restes retrouvés jusqu'à présent ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. Une grande partie de Gaza a été rasée par les bombardements israéliens ou par des opérations de démolition et de déblaiement à l'aide d'engins lourds et d'explosifs".

"Aujourd'hui encore, de nombreuses zones de Gaza où l'armée israélienne est déployée continuent d'être nivelées par des bulldozers, sans aucun respect pour les morts gisant sous les décombres", a-t-il ajouté.

Ainsi, pour "préserver les preuves de violations, y compris sur les sites détruits", M. Türk a appelé "à ce que des enquêteurs internationaux soient autorisés à accéder à toutes les zones de Gaza pour aider à la collecte de preuves", a indiqué le Haut-Commissariat.

Le Haut-Commissariat rapporte que la Défense civile palestinienne a fait état de plus de 800 corps et autres restes humains extraits des décombres de bâtiments détruits à travers Gaza depuis novembre. Elle estime à plus de 8.000 le nombre total de personnes portées disparues sous les décombres.

"Tout doit être mis en oeuvre pour documenter et identifier ces victimes, préserver les données médico-légales et les échantillons biologiques, consigner les lieux de sépulture et informer les familles", a insisté M. Türk.

- Fouiller "à main nues" -

Entre le 27 juin et le 27 août, la Défense civile palestinienne a signalé l'extraction de 233 corps sous les décombres de 20 bâtiments détruits, principalement dans la ville de Gaza. Parmi ces dépouilles ont été comptabilisés 74 enfants et 106 femmes.

"Le droit des familles de connaître le sort de leurs proches ne s'arrête pas à l'identification et à une inhumation digne. Elles méritent de connaître toute la vérité", a déclaré le Haut-Commissaire.

Les opérations de récupération des corps sont entravées par le refus d'Israël d'autoriser l'entrée d'engins lourds pour le déblaiement.

Les équipes de la Défense civile palestinienne signalent qu'il ne leur reste "qu'une seule pelleteuse et qu'elles sont parfois contraintes de fouiller les décombres à mains nues", a déclaré à la presse à Genève Ajith Sunghay, responsable des activités du bureau des droits de l'homme de l'ONU dans les territoires palestiniens occupés.

"À ce rythme, il faudra au moins dix ans de plus, voire davantage, pour achever la récupération des corps restants", a-t-il averti.

De son côté, M. Türk a insisté sur le fait que "tout doit être mis en oeuvre pour documenter et identifier ces victimes, préserver les informations médico-légales et les échantillons biologiques, consigner les lieux de leur inhumation et informer leurs familles".

Israël a "l'obligation claire, en vertu du droit international, de prendre toutes les mesures nécessaires pour rechercher les personnes disparues et faire le point sur leur sort, ainsi que pour rechercher, récupérer et évacuer les corps des défunts", a ajouté le Haut-Commissariat.

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