Le Parlement européen a voté mardi la levée de l'immunité de l'eurodéputé polonais d'extrême droite Grzegorz Braun, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires en Pologne pour des déclarations contestant l'Holocauste.
Coutumier de propos antisémites, Grzegorz Braun est le président de la Confédération de la Couronne polonaise (KKP), une des deux formations d'extrême droite - avec le parti quasiment homonyme Confédération - représentées à la Diète, la chambre basse du Parlement polonais.
A un peu plus d'un an des législatives, la KKP est créditée d'environ 8% d'intentions de vote, alors que la Confédération recueillerait plus de 13% : si ces scores se concrétisaient dans les urnes, les deux partis pourraient jouer un rôle crucial dans la formation d'un gouvernement.
La levée de l'immunité de M. Braun fait suite à une demande transmise au Parlement européen en février 2026 par le parquet général polonais qui l'accuse d'avoir nié, en 2025 lors d'une émission radio, l'Holocauste et l'existence des chambres à gaz dans le camp allemand nazi d'Auschwitz-Birkenau.
Selon la loi polonaise, la négation publique de crimes nazis, ainsi que des crimes communistes ou d'autres crimes contre la paix, l'humanité ou crimes de guerre, est punie d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans.
Le vote du Parlement européen ne préjuge pas de la culpabilité de l'élu, mais permet désormais aux autorités judiciaires polonaises de poursuivre leur enquête ou d'engager une procédure devant les tribunaux.
Ce n'est pas la première fois que les eurodéputés lèvent l'immunité de Grzegorz Braun.
Ce dernier a déjà fait l'objet de plusieurs décisions similaires liées notamment à l'extinction de bougies de Hanouka au Parlement polonais à l'aide d'un extincteur, à la destruction d'une exposition consacrée à la communauté LGBT+, ainsi qu'à d'autres affaires impliquant des symboles ukrainiens et européens.

