Smic à 1.700 euros, régularisation des travailleurs sans papiers, retraites: Faure développe ses propositions

Instaurer un smic à 1.700 euros et la retraite à 62 ans, régulariser massivement les travailleurs sans-papiers, faire cotiser l'IA pour financer la protection sociale: Olivier Faure expose mercredi ses propositions, très à gauche, pour la primaire.

Dans le Nouvels Obs, le patron du PS, qui sort jeudi un livre intitulé "La loi du plus juste" (Robert Laffont), préconise d'"augmenter le smic, le faire passer à 1.700 euros net et convoquer une conférence salariale où l'Etat conditionne notamment ses aides aux entreprises à l'augmentation des salaires".

"Aujourd'hui, c'est la loi du plus fort qui s'impose partout. La vocation de la gauche est d'imposer la loi du plus juste", argumente-t-il.

Le candidat à la primaire de la gauche insiste sur une de ses mesures phares: "Dès lors qu'un euro de dividende est versé aux actionnaires, il doit y avoir au moins l'équivalent pour les salariés, sous forme de participation, d'intéressement ou de salaire", explique-t-il, se disant prêt à l'imposer par la loi.

Le député se dit toujours favorable à un âge de départ à la retraite à 62 ans: "Aucun candidat se revendiquant des socialistes ne saurait s'en éloigner", prévient-il.

Mais il remarque que "le financement de la protection sociale va être profondément impacté" par l'usage de l'intelligence artificielle, qui va réduire un certain nombre d'emplois et baisser par ricochet le nombre de cotisants.

Il préconise donc de "faire cotiser l'IA pour financer nos retraites et notre protection sociale".

Le député aux origines métissées - sa mère est vietnamienne- plaide aussi pour une régularisation massive de travailleurs en situation irrégulière en France, affirmant que le chiffre de 500.000 régularisations, comme en Espagne, "ne (le) choque pas". Et il propose une commission "vérité et réconciliation" sur la colonisation, estimant qu'une "nation n'est pas diminuée lorsqu'elle regarde son histoire en face. Elle l'est lorsqu'elle a besoin de la falsifier pour continuer de s'aimer".

Le chef des socialistes affirme par ailleurs qu'il existe dans la police "une réalité des contrôles au faciès et des discriminations", déplorant "les exemples de dérives racistes (qui) se multiplient".

Evalué à 5% dans les sondages, M. Faure veut "être la surprise de cette élection", et ne plus être cantonné dans le rôle du chef du PS, "qui porte l'étendard les bons jours et surtout le fardeau les mauvais jours quand tous les autres se cachent".

"Je vais montrer que je ne suis pas seulement celui qui a géré les contradictions d'un parti. L'heure est venue de faire entendre mes combats", affirme-t-il.

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