Le chef de l'ONU "regrette profondément" le refus de Washington d'octroyer un visa à Abbas

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "regrette profondément" la décision des Etats-Unis de refuser un visa pour la deuxième année consécutive au président palestinien Mahmoud Abbas afin de participer à l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine, a indiqué vendredi son porte-parole.

"Le secrétaire général s'inquiète de l'impact de cette décision sur la capacité de l'Etat de Palestine à participer pleinement aux travaux des Nations Unies", a ajouté Stéphane Dujarric.

La veille, le département d'Etat américain a fait savoir qu'il refusait d'accorder des visas pour la délégation palestinienne, dont Mahmoud Abbas. Seuls des représentants de la mission palestinienne à l'ONU pourront participer à cette grand-messe annuelle, à partir de mardi.

"La pleine participation de toutes les délégations aux travaux de l'ONU est essentielle à son bon fonctionnement", a observé Stéphane Dujarric.

Antonio Guterres exhorte encore les Etats-Unis, pays hôte, "à veiller à ce que des visas soient délivrés à toutes les délégations, conformément à ses obligations" et "continuera de dialoguer avec les autorités américaines à cette fin", a ajouté son porte-parole.

En réponse à l'interdiction américaine, les pays membres de l'Assemblée générale de l'ONU ont adopté jeudi une résolution autorisant le président de l'Autorité palestinienne à s'exprimer dans une vidéo préenregistrée.

Selon ce texte, adopté à 152 voix contre trois (Etats-Unis, Paraguay et Israël), plus quatre abstentions, M. Abbas pourra aussi suivre par vidéoconférence toute réunion utile organisée la semaine prochaine au siège des Nations unies.

Washington reproche à l'Autorité palestinienne d'avoir "manqué à ses engagements en faveur de la paix au Moyen-Orient" et d'avoir mené des actions visant "à internationaliser le conflit israélo-palestinien, notamment par le biais de la Cour pénale internationale (CPI) et de la Cour internationale de justice (CIJ)".

Les Etats-Unis l'accusent aussi "de chercher à contourner les négociations en sollicitant une reconnaissance unilatérale".

Ils sont ainsi à rebours de nombre de pays, dont la France, qui ont reconnu l'an passé l'existence d'un Etat de Palestine, portant à 142 le nombre d'Etats membres de l'ONU dans ce cas.

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