Mis en examen à Paris pour crimes contre l'humanité, un Ukrainien conteste les faits

Un Ukrainien, mis en examen à Paris pour crimes contre l'humanité, conteste les accusations d'avoir participé à des tortures dans une prison contrôlée par les séparatistes pro-russes du Donbass ainsi que la légitimité de la France pour le juger, a appris l'AFP lundi de source proche du dossier.

Yehven B., qui avait trouvé refuge en France, a été rattrapé par des témoignages d'anciens de ses co-détenus à Izoliatsia, prison de sinistre réputation de Donetsk, alors sous le contrôle de séparatistes pro-russes soutenus par Moscou.

Il a été mis en examen le 10 avril 2026 pour "crimes contre l'humanité et complicité de crimes contre l'humanité", ou encore "tortures, violences sexuelles, persécution", de 2016 à 2019, et écroué, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).

A l'époque, les parties civiles s'étaient félicitées que "le parquet ukrainien (ait) officiellement transmis l'affaire à la France", concernant cet homme qui avait établi sa résidence habituelle en France, dans l'Hérault.

Sa défense "conteste l'ensemble des infractions qui lui sont reprochées", a indiqué une source proche du dossier, et a saisi mi-septembre la cour d'appel de Paris pour remettre en cause la procédure.

C'est "un prisonnier de guerre venu trouver l'asile en France et que nous accueillons par la prison", a dénoncé son avocat, Me Romain Ruiz, sollicité par l'AFP.

Alors qu'une procédure visant son client est déjà en cours en Ukraine, pour des faits que ce dernier conteste, Me Ruiz accuse la France de "sombrer dans l'impérialisme" : "le poursuivre parallèlement en France, c'est confisquer au peuple ukrainien son droit d'être le juge naturel de ses ressortissants".

Lors de la mise en examen, le Pnat avait salué la coopération judiciaire avec l'Ukraine, qui a justement permis aux enquêteurs de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH) "d'auditionner plusieurs anciens détenus de cette prison en France et en Ukraine".

Ces investigations ont révélé "l'ampleur des tortures et mauvais traitements infligés aux détenus", et notamment "l'existence d'un système de violences et d'humiliations sexuelles auquel ont été systématiquement soumis les prisonniers d'Izoliatsia", indiquait alors le Pnat.

"De nombreuses victimes ukrainiennes se sont tournées vers la justice française dans l'espoir qu'une enquête judiciaire puisse aboutir", rappelle l'une des avocates des parties civiles, Me Clémence Bectarte.

"Après avoir tenté d'échapper à la justice ukrainienne en demandant l'asile en France, Yehven B. va enfin devoir répondre des actes qui lui sont reprochés", a-t-elle espéré.

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