Un homme de 65 ans à la double nationalité rwandaise et britannique, Vincent Brown, a comparu mardi devant un tribunal londonien pour son implication présumée dans le génocide de 1994 au Rwanda, une première au Royaume-Uni.
Anciennement connu sous le nom de Vincent Bajinya, il est accusé d'avoir été complice de génocide et d'avoir contribué à des crimes contre l'humanité en étant complice de six meurtres commis à Kigali en avril 1994.
M. Brown, qui exerçait alors la profession de médecin, était "un instigateur ou un commanditaire d'actes de violence physique commis par d'autres", a déclaré la procureure Jane Stansfield.
Les victimes étaient trois membres d'un même foyer, un chauffeur de taxi local, ainsi qu'une jeune femme et son bébé, a-t-elle précisé.
Vincent Brown, qui a été arrêté lundi à l'aéroport de Luton, au nord de Londres, a pris la parole pour confirmer son nom, sa date de naissance et son adresse.
Il a été maintenu en détention mais pourrait être libéré s'il parvient à rassembler 25.000 livres sterling (29.150 euros) pour sa caution.
Plusieurs autres pays ont déjà poursuivi et condamné des personnes en lien avec le génocide au Rwanda en 1994, qui a fait quelque 800.000 morts, essentiellement des membres de la minorité tutsi.
Vincent Brown, premier suspect à être poursuivi au Royaume-Uni, est arrivé dans ce pays en 2000 après avoir vécu à Kigali et a obtenu la nationalité britannique en 2005, a indiqué le tribunal.
Il a été arrêté pour la première fois en 2006, mais après une longue procédure, son extradition vers le Rwanda a finalement été refusée par un tribunal britannique en 2017.
Le gouvernement rwandais a alors demandé au gouvernement britannique d'enquêter sur son cas.
Les tueries du printemps 1994 ont été déclenchées au lendemain de l'attentat contre l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana, dans une frénésie de haine alimentée par une virulente propagande anti-Tutsi.

