Ukraine, Israël : Royal mise sous pression par ses concurrents à la primaire

Accusée d'avoir voulu négocier avec Vladimir Poutine sur l'Ukraine, ou encore "d'essentialiser" les Juifs, Ségolène Royal a été mise sous pression par ses concurrents à la primaire social-démocrate mercredi soir, et a dénoncé des "procès d'intention".

La situation internationale a occupé une partie du premier débat télévisé sur LCI entre les cinq prétendants à cette primaire dont le premier tour a lieu les 9 et 10 octobre. Offensive dans ses prises de parole ces derniers jours, notamment envers Raphaël Glucksmann, Mme Royal a en retour dû se justifier face aux tirs croisés de ses rivaux.

"Il faut aider l'Ukraine à obtenir une paix juste et durable. Certains nous disent que c'est impossible, qu'on n'a même pas le droit de parler de la paix, sinon on est traité de poutinolâtre. Eh bien si : il faut continuer cet équilibre entre (...) la force de défense et la force de négociation, de médiation", a exposé l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007.

Mais Vladimir Poutine "n'a aucune intention de négocier avec nous", a protesté Raphaël Glucksmann. Les Russes "se vivent dans une adversité totale à notre égard. Nous ce que nous devons faire, c'est être fermes, résister, aider les Ukrainiens parce que c'est notre première ligne de défense".

Mme Royal avait, lors du début de l'invasion russe en Ukraine en 2022, mis en doute la réalité de certains massacres, comme à Boutcha, avant de revenir sur ses propos, présentant ses excuses "auprès des victimes, si elles ont pensé" qu'elle avait pu "nier les crimes de guerre".

Elle est depuis régulièrement accusée de complaisance envers le Kremlin, ce dont elle s'est encore défendue mercredi soir. "Je ne sais Ségolène, si tes propos ont été déformés, mais c'est quand même un peu ce qu'on a compris...", a fait valoir le député Jérôme Guedj, notant "un flottement" dans les positions de Mme Royal.

L'ancienne ministre a également dû se défendre après avoir estimé que "la montée de l'antisémitisme n'est pas due à Israël" mais "aux actuels dirigeants" du pays, et qu'en ce sens "il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe" à Gaza "est intolérable".

"C'est incroyable comme injonction", s'est insurgé Jérôme Guedj. "Dire que c'est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c'est essentialiser le conflit", a-t-il poursuivi, rejoint par Raphaël Glucksmann qui a jugé que c'est "avec ce type de discours qu'à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu'ils ont une kippa".

"Il ne faut pas caricaturer la pensée des autres quand elle ne correspond pas exactement à la tienne", a rétorqué Mme Royal à l'adresse de M. Guedj, dénonçant un "procès d'intention".

Les échanges ont été aussi vifs sur les accusations de "génocide" portées par Ségolène Royal contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

"En tant que dirigeant politique, en tant que dirigeant républicain fermement attaché à l'universalisme républicain, on doit faire très attention dans les mots qu'on utilise parce qu'ensuite on est dans une situation tellement inflammable, avec un essor de l'antisémitisme", a prévenu Raphaël Glucksmann.

"Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide", a répliqué Ségolène Royal.

Olivier Faure a de son côté plaidé pour que le mot de génocide soit utilisé car "ça a un poids. Quand Pedro Sánchez parle d'un gouvernement génocidaire, ça a du poids. Et nous avons besoin de ce poids-là pour dire stop à ce massacre insupportable", a-t-il insisté.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Chaque fin de semaine (sauf exceptions), notre newsletter vous est délivrée par e-mail. Elle contient l'ensemble de nos contenus publiés depuis la précédente édition. Parfois nous en profitons pour annoncer un événement ou une publication majeure à paraître. Et c'est gratuit.