Crash aérien en RDC: un dernier bilan fait état de 17 morts

Dix-sept personnes, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire en République démocratique du Congo (RDC), ont péri dans le crash d'un petit avion survenu vendredi dans le sud-ouest du pays, selon un dernier bilan samedi du ministère des Transports.

Un précédent bilan communiqué dans la nuit de vendredi à samedi par l'armée avait fait état d'au moins 14 décès.

Vendredi aux alentours de 13H00 GMT, un petit porteur transportant une délégation de la justice militaire s'est écrasé près de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango situé à plus de 200 km à l'est de la capitale congolaise Kinshasa.

Les circonstances de l'accident n'ont pas encore été déterminées.

Dans le vaste pays d'Afrique centrale, où le réseau routier est largement insuffisant et où une grande part des axes se résume à des pistes dégradées difficilement praticables, le transport aérien joue un rôle central pour les déplacements vers les provinces.

Des incidents sont régulièrement signalés, le mauvais état de certaines infrastructures aéroportuaires et des équipements de navigation étant souvent mis en cause. La flotte aérienne congolaise figure sur la liste noire de l'Union européenne.

Dans un rapport publié en 2023, la Banque mondiale estimait que "le réseau de transport routier, ferroviaire, aérien, fluvial et maritime de la RDC est l'un des moins denses, des plus délabrés et des plus impraticables au monde".

Le crash de vendredi "impliquait un aéronef de type Let 410 UVP, immatriculé 9S-GUC exploité par la compagnie aérienne Tracep Congo Aviation. Il a causé la mort de 17 personnes, dont 13 passagers et 4 membres d'équipage", a déploré le ministère des Transports dans un communiqué.

Au lendemain de la catastrophe, certaines voix notamment au sein de l'opposition, ont dénoncé l'absence d'une "piste d'atterrissage fonctionnelle" à Kenge et un "abandon" des infrastructures du pays faisant du transport aérien "une vraie loterie".

- "Profonde douleur" -

Dans la nuit de vendredi à samedi, l'armée congolaise (FARDC) avait annoncé dans un communiqué la mort de "deux officiers généraux" et "douze membres de la délégation" militaire.

L'accident s'est produit "au retour d'une mission de service effectuée à Kikwit", dans la province du Kwilu, voisine de celle où s'est produit le crash, avait-elle précisé.

Des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré une foule attroupée autour d'une carcasse carbonisée, d'où sortaient des flammes et de la fumée.

Le président Félix Tshisekedi a exprimé sa "profonde douleur" dans un message posté dans la nuit sur X par la présidence et "il a instruit les services compétents de diligenter une enquête approfondie".

Les deux plus hauts responsables de la justice militaire sont parmi les victimes. Il s'agit des lieutenants-généraux Joseph Mutombo, président de la Haute Cour militaire, et Lucien-René Likulia, auditeur général des FARDC.

Le lieutenant-général Likulia, nommé par le président congolais Félix Tshisekedi, avait notamment porté le réquisitoire lors du procès de l'ex-président Joseph Kabila condamné par contumace en septembre 2025 à la peine de mort pour "trahison" et "crimes de guerre".

La justice militaire avait jugé que M. Kabila était l'un des initiateurs de l'Alliance fleuve Congo (AFC), branche politique du groupe armé antigouvernemental M23 qui, soutenu par le Rwanda, contrôle aujourd'hui de vastes pans de territoire dans l'Est congolais.

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a salué sur X la mémoire de "deux hauts magistrats militaires d'une valeur exceptionnelle".

Le président burundais Evariste Ndayishimiye a exprimé samedi, également sur X, "sa pleine solidarité".

Le ministère des Transports congolais a annoncé la suspension, jusqu'aux résultats de l'enquête, de la compagnie Tracep Congo Aviation.

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