Le président salvadorien Nayib Bukele briguera un troisième mandat lors d'élections fixées au 28 février, a indiqué mercredi le tribunal électoral du pays, après une réforme constitutionnelle controversée permettant au dirigeant d'être réélu indéfiniment.
En fonction depuis 2019, M. Bukele concentre tous les pouvoirs et pourrait rester à la tête de l'Etat jusqu'en 2033 s'il remportait cette élection.
A 45 ans, il jouit d'une grande popularité grâce à sa "guerre contre les gangs", qui a largement réduit le taux de criminalité. Mais sa politique est largement critiquée par des experts des Nations unies et des ONG, qui pointent des exactions pouvant constituer des crimes contre l'humanité.
Un régime d'exception est en vigueur depuis 2022 dans le pays et a conduit à l'incarcération d'environ 93.000 personnes sans mandat d'arrêt.
Nayib Bukele rejette les accusations de violations des droits humains.
Le tribunal "exerce sa compétence avec une indépendance absolue", a assuré la présidente de l'instance, Roxana Soriano. Elle a été élue par le Congrès, à majorité pro-Bukele.
A ce stade, les concurrents déclarés de M. Bukele pour la présidence sont l'ancienne députée Mayteé Iraheta, de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena, droite), et le syndicaliste Rafael Aguirre, du Front Farabundo Martí pour la libération nationale (FMLN, gauche). Ces deux partis alternaient depuis 30 ans avant l'arrivée au pouvoir de M. Bukele.
Si le président sortant peut se présenter à nouveau, c'est parce que le Congrès a aboli en 2025 les limites de mandats consécutifs. Cette mesure avait été qualifiée de "mort de la démocratie" par le petit groupe parlementaire d'opposition.
Dès 2024, sa réélection avec 85% des voix avait été contestée et vue comme non conforme à la Constitution. Mais la victoire de M. Bukele avait été validée par des juges favorables au pouvoir.
Outre la réélection illimitée, la réforme constitutionnelle de 2025, adoptée en procédure d'urgence, a prolongé la durée du mandat présidentiel de cinq à six ans et supprimé le second tour des élections.
Mais le mandat actuel de Nayib Bukele prendra fin en 2027, car il a été raccourci de deux ans afin de synchroniser les élections présidentielles avec les élections locales.

