Olivier Faure et Raphaël Glucksmann se sont divisés jeudi soir sur l'emploi du mot "génocide" pour qualifier les actions meurtrières de l'armée israélienne à Gaza, lors d'un débat sur France 2 et France Inter.
"Ce que tu fais est obscène", s'est indigné Raphaël Glucksmann, après qu'Olivier Faure a remis le sujet sur la table, comme lors d'un premier débat il y a une semaine.
"Je ne comprends pas pourquoi on n'utilise pas les bons mots", a affirmé Olivier Faure, alors que Raphaël Glucksmann refuse de l'employer, affirmant que "la Cour pénale internationale n'utilise pas ce mot, mais parle de crimes contre l'humanité".
"Ton combat, c'est donc que j'utilise ce terme. Moi mon combat, c'est que Netanyahu paye pour ses crimes, qu'il soit déféré devant la justice internationale. Moi mon combat, c'est que le calvaire des Palestiniens à Gaza cesse. Moi mon combat, c'est que la colonisation en Cisjordanie s'arrête", a martelé M. Glucksmann.
Olivier Faure a rappelé que Raphaël Glucksmann et lui avaient employé ce mot pour la minorité des Ouïghours en Chine, pour "à ce moment-là alerter le monde et faire en sorte que le gouvernement de Pékin sache qu'il était sous surveillance".
"Ce que je te demande, c'est de le faire aussi aujourd'hui pour les Palestiniens, parce qu'à l'évidence, les critères qui sont ceux de la conférence de 1948 sont réunis", a-t-il insisté.
Ségolène Royal, qui avait été plus ferme lors du premier débat face à Raphaël Glucksmann, a dit cette fois comprendre "ceux qui ne veulent pas utiliser le mot génocide" mais "aujourd'hui en Israël, il y a des ministres qui affirment vouloir un génocide" à Gaza.
Jérôme Guedj, qui refuse aussi d'employer le terme, a jugé "désolant" qu'Olivier Faure se soit "engouffré dans cette sémantique", comme "certains à gauche qui disent +si vous n'utilisez pas ce mot, alors vous n'êtes pas du bon côté de l'histoire+" et "décident qui sont les purs et qui ne sont pas les purs".
Olivier Faure a répondu que Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, qui utilise le terme de génocide, ne pouvait pas "être accusé de la façon dont Jérôme vient de le faire". "Et je ne pense pas qu'on puisse dire que tous les gouvernements qui se sont prononcés sur cette question puissent être accusés d'être hostiles à l'État d'Israël", a-t-il ajouté.

