Nobel: Netanyahu qualifie Navi Pillay de "sectaire" qui "diabolise les Juifs"

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a violemment attaqué vendredi la lauréate du prix Nobel de la paix Navi Pillay, qualifiant cette juriste sud-africaine mondialement respectée de personne "sectaire" qui "diabolise les Juifs".

"Le comité Nobel a perdu sa boussole morale. Il a décerné sa plus haute distinction à une sectaire qui a bâti sa carrière en inventant et en propageant des légendes de sang contre le seul et unique Etat juif", a estimé M. Netanyahu sur X.

L'expression "légende de sang", parfois traduite par "accusation de meurtre rituel", renvoie à des calomnies antisémites portées contre les Juifs depuis l'Antiquité. Elle est régulièrement utilisée par les dirigeants israéliens pour critiquer leurs détracteurs.

Mme Pillay s'est attirée les foudres des autorités israéliennes l'an dernier lorsque la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, qu'elle dirigeait alors, a conclu qu'Israël commettait un "génocide" dans la bande de Gaza.

"Aujourd'hui, les membres égarés du comité Nobel ont choisi d'honorer cette femme qui a propagé cette diabolisation des Juifs", a dénoncé M. Netanyahu.

Sur le même ton, le ministère israélien des Affaires étrangères a accusé le comité Nobel de légitimer "la haine et les préjugés anti-israéliens", estimant que l'ancien chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels, devait "applaudir depuis l'Enfer".

"S'il existait une récompense pour les mensonges, la haine et les calomnies (...), Navi Pillay ne serait pas seulement en lice. Elle serait en tête", a encore accusé le ministère.

Navi Pillay, 85 ans, est une juriste sud-africaine qui a grandi sous l'apartheid et qui, tout au long de sa carrière, a combattu les pires atrocités, du Rwanda au Proche-Orient.

"La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide fassent l'objet de poursuites judiciaires", a fait valoir le président du comité Nobel, Jørgen Watne Frydnes, dans son annonce.

Lors d'un entretien avec l'AFP, il a affirmé que le comité n'était pas "un tribunal" et a refusé de se prononcer sur la question de savoir si Israël commet un génocide à Gaza comme l'a affirmé la commission présidée par la lauréate du prix.

Déjà accusée d'antisémitisme après la parution du rapport accusant Israël de génocide, elle avait ainsi répondu: "Ce serait drôle si ce n'était pas aussi absurde".

En 2024, la Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt, restés sans effet jusque-là, contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza.

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