L'Union européenne a déploré vendredi les sanctions "profondément regrettables" des Etats-Unis contre la Cour pénale internationale, et a promis d'aider l'institution à poursuivre ses missions.
"Il est profondément regrettable que les Etats-Unis aient annoncé leur intention d'imposer des sanctions, et "l'UE est prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail", a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.
Le gouvernement américain a annoncé vendredi sanctionner la Cour pénale internationale (CPI), une institution basée aux Pays-Bas, à La Haye.
Washington justifie ces sanctions par sa volonté de "défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale", selon le département d'Etat.
Les Etats-Unis sont en outre furieux que la Cour ait émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un proche allié des Etats-Unis, pour des crimes présumés commis à Gaza.
Washington veut couper la CPI "de ses ressources" financières et "réduire sa capacité à opérer" selon le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
En réaction à ces sanctions, la Commission européenne a promis de travailler "en étroite collaboration avec la CPI pour veiller à ce qu'elle continue de fonctionner efficacement".
L'UE n'a pas précisé si elle envisageait d'utiliser son "mécanisme de blocage", qui sert à protéger les opérateurs européens, particuliers ou entreprises, des effets de sanctions extraterritoriales de pays tiers.
Ce dispositif interdirait aux entreprises européennes, notamment bancaires, de se conformer aux sanctions américaines, que ce soit "activement ou par omission délibérée", offrant ainsi à l'UE un moyen d'en atténuer certains effets.
Le mécanisme de blocage de l'UE est considéré comme "l'option nucléaire", a souligné le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, ajoutant que les Pays-Bas avaient néanmoins demandé à Bruxelles de le préparer.

