Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a jugé "inacceptables" les sanctions annoncées vendredi par les États-Unis contre la Cour pénale internationale (CPI).
"Ces sanctions - les dernières en date d'une série de mesures de représailles contre la CPI et son personnel pour le travail qu'ils accomplissent chaque jour afin de faire progresser l'obligation de rendre des comptes pour les violations les plus graves des droits de l'homme - sont inacceptables", a déclaré Volker Türk dans un communiqué.
Quelques heures après que l'ancienne juge sud-africaine Navi Pillay a été récompensée du prix Nobel de la paix, notamment pour son travail au sein de l'institution, le département d'Etat américain a annoncé sanctionner la CPI, affirmant sa volonté de "défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace" qu'elle représente.
M. Türk a appelé la communauté internationale à ne pas permettre que ces mesures "aient un effet dissuasif sur ceux qui travaillent pour ou avec la Cour dans la quête de justice".
Il a également appelé les États qui n'ont pas encore adhéré à la Cour à "respecter son indépendance et son travail".
Cette annonce des États-Unis fait suite à une série de sanctions déjà imposées depuis février 2025 à la moitié des 18 juges de la CPI et à d'autres responsables, après que la Cour a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, un proche allié des Etats-Unis.
M. Türk a appelé à la levée de toutes les sanctions visant la CPI et son personnel. "Il est amplement démontré, dans tous les conflits et crises qui frappent notre monde, que l'impunité alimente la violence et la souffrance", a-t-il soutenu.
"Nous devons davantage investir dans la garantie de la justice et de l'obligation de rendre des comptes, plutôt que de pénaliser ceux qui documentent, enquêtent sur et poursuivent les violations graves", a-t-il encore exhorté.

