Philippines : un sénateur pro-Duterte en fuite dénonce un "danger immédiat" pour sa vie

Un sénateur philippin en fuite, visé par un mandat d'arrêt pour la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré mercredi que la prime pour sa capture exposait sa vie à un "danger immédiat et grave", et a exhorté la Cour suprême du pays à empêcher son arrestation.

Principal responsable de la lutte sanglante contre la drogue sous l'ex-président Rodrigo Duterte, Ronald "Bato" Dela Rosa est recherché par la CPI pour crimes contre l'humanité.

M. Dela Rosa est sorti de plusieurs mois de clandestinité le 11 mai pour se réfugier à l'intérieur du Sénat. Il a pris la fuite quelques jours plus tard après un échange de tirs entre les agents de sécurité de la chambre haute et des enquêteurs venus l'arrêter.

Le ministre philippin de l'Intérieur, Juanito Victor Remulla, a promis vendredi "une prime de 50 millions de pesos (près de 702.000 euros) pour sa capture" et a déclaré qu'il "sera considéré comme armé et dangereux".

"Dans la pratique des forces de l'ordre, cette désignation indique aux unités opérationnelles qu'une résistance armée doit être anticipée, ce qui constitue précisément le contexte dans lequel la force létale est la plus susceptible d'être utilisée", a écrit M. Dela Rosa dans un recours adressé à la Cour suprême des Philippines et publié mercredi sur sa page Facebook.

"Associée à une prime et à une déclaration abandonnant toute retenue, cette désignation place le droit à la vie du requérant Dela Rosa (...) en danger immédiat et grave", a ajouté le sexagénaire.

Il a demandé à la Cour d'empêcher les forces de l'ordre de l'arrêter en vue de le remettre à la CPI.

C'est un "droit qui lui revient en tant que citoyen philippin", a réagi le ministre de l'Intérieur, avant d'accuser l'ancien chef de la police de faire deux poids deux mesures.

"Malheureusement, il n'a pas accordé les mêmes droits aux milliers de personnes tuées dans la guerre contre la drogue", a tancé M. Remulla.

La police philippine affirme avoir tué plus de 6.000 suspects liés à la drogue en situation de légitime défense pendant la présidence de Duterte, qui a pris fin en 2022.

L'ancien président a été arrêté à Manille le 11 mars 2025 et remis le lendemain à la CPI. Il est depuis détenu à La Haye. Son procès doit débuter le 30 novembre.

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