Les États-Unis interdisent les importations de trois entreprises génomiques chinoises

Les États-Unis ont interdit mercredi les importations de trois entreprises chinoises spécialisées dans la génomique, invoquant des inquiétudes liées au travail forcé de Ouïghours et d'autres minorités ethniques dans la région chinoise du Xinjiang.

Le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a dit ajouter BGI Genomics, MGI Tech, et Shenzhen BGI Technology à une liste comportant déjà de nombreuses entreprises soumises à des restrictions commerciales.

Cette liste dit regrouper des sociétés travaillant avec le gouvernement du Xinjiang pour "recruter, transporter, transférer, héberger ou recevoir des personnes soumises au travail forcé ou des Ouïghours, des Kazakhs, des Kirghizes ou d'autres membres de groupes persécutés hors du Xinjiang".

Selon le DHS, les entreprises ciblées ont "aidé à collecter du matériel génétique utilisé pour tracer des minorités ethniques persécutées, dont des personnes soumises au travail forcé".

"Sous la direction du président Trump, nous ne laisserons pas les entreprises impliquées dans le travail forcé et la surveillance des minorités persécutées tirer profit du marché américain", a déclaré Markwayne Mullin, secrétaire du DHS, sur X.

La Chine a déclaré jeudi qu'elle condamnait "fermement" l'interdiction imposée par Washington, qui "n'a aucun fondement factuel".

"Les États-Unis continuent d'exploiter la question des +droits de l'homme+, l'utilisant comme prétexte pour mener un protectionnisme unilatéral et des pratiques d'intimidation", a affirmé un porte-parole du ministère du commerce dans un communiqué.

Pékin a exhorté les États-Unis à "cesser immédiatement manipulations politiques et campagnes de diffamation", promettant de prendre les mesures nécessaires pour défendre les intérêts du pays.

Quant aux sociétés BGI et MGI, elles ont toutes deux rejeté ces accusations, affirmant qu'elles s'opposaient à toute forme de travail forcé.

Pékin est accusé d'avoir détenu plus d'un million de Ouïghours et d'autres musulmans dans le Xinjiang, dans ce que l'ONU a estimé pouvoir constituer des "crimes contre l'humanité".

Des organisations de défense des droits humains affirment que de sérieuses persécutions, dont le travail forcé, sont toujours pratiquées dans la région.

La Chine nie ces accusations, affirmant que ses politiques ont éradiqué l'extrémisme dans la région et favorisé le développement économique.

Le gouvernement Trump a proposé la semaine dernière de nouvelles règles visant à restreindre les investissements dans les entreprises chinoises de biotechnologie.

D'autres technologies font déjà l'objet d'une surveillance étroite, comme l'intelligence artificielle et les puces informatiques.

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