Au moins 20 personnes ont été tuées vendredi dans un bombardement sur un marché au Yémen, les Houthis pro-iraniens et les forces gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, se rejetant mutuellement la responsabilité de l'attaque.
L'attaque s'est produite dans le gouvernorat de Taëz, dont la ville éponyme dans l'ouest du pays est encerclée depuis des semaines par les Houthis qui contrôlent de vastes pans du Yémen, dont la capitale.
"L'aviation de l'ennemi saoudien a mené plusieurs frappes" visant un marché, faisant "20 morts et 10 blessés parmi la population civile, selon un bilan provisoire", a affirmé le représentant du ministère houthi de la Santé, Anis Al-Asbahi à l'agence de presse Saba.
Le porte-parole militaire du mouvement Yahya Saree, a précisé qu'elles avaient été menées par un avion qui a décollé de la base saoudienne de Khamis Mushait, dans le sud du royaume.
De leur côté, les forces gouvernementales, appuyées par Riyad, ont accusé leur ennemi d'avoir ciblé le marché à l'aide d'un missile balistique, leur porte-parole, Majid al-Nazili, dénonçant un "crime de guerre".
Les autorités locales dépendant du gouvernement avaient démenti plus tôt que des raids aériens aient visé ce secteur, contrôlé par le groupe armé.
Le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, après des années d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient.
Les combattants pro-iraniens ont mené en septembre une offensive dans l'ouest du pays, qui leur a permis de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
Depuis, la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, bombarde régulièrement les positions des Houthis, qui ripostent en multipliant les attaques contre le royaume.
Les forces saoudiennes ont dit plus tôt vendredi avoir intercepté un drone dans la région de La Mecque, ville sainte de l'islam, sans en préciser la provenance.
Les Houthis ont revendiqué de nombreuses frappes contre des aéroports, des infrastructures énergétiques et des sites militaires saoudiens ces dernières semaines, mais ils démentent régulièrement viser les villes saintes.
Jeudi, la coalition avait fait état de l'interception d'un missile tiré par les Houthis dans la région de Médine, autre ville sacrée de l'islam, le mouvement pro-iranien dénonçant des "calomnies".

