Mali : les parties signataires s’engagent à sauver le processus de paix dans le Nord

Mali : les parties signataires s’engagent à sauver le processus de paix dans le NordCapture d'écran du site de Studio Tamani
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Après 18 mois d’atermoiements, les signataires de l’Accord de paix d’Alger sur le Nord du Mali ont décidé, lors d’une rencontre vendredi 10 février à Bamako, d’ insuffler une dynamique nouvelle à la mise en oeuvre de leurs engagements. Selon le nouveau calendrier qu’ils se sont fixé, en présence de la médiation internationale, ce mois de février devrait être crucial : installation dans le Nord des autorités intérimaires et lancement des patrouilles conjointes associant troupes gouvernementales et groupes armés.

Convoquée la semaine dernière par une médiation internationale de plus en plus impatiente, cette deuxième réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’Accord de paix (CSA) était très attendue. Le président du Comité de suivi, Ahmed Boutache, ambassadeur d’Algérie à Bamako, avait été très clair : à cette rencontre de tous les espoirs, les groupes armés devaient être représentés par leurs chefs politico-militaires et non par des délégués de rang inférieur. Il misait sur ce face-à-face entre ces protagonistes de haut niveau pour tenter de mettre fin à la méfiance réciproque à l’origine de l’enlisement du processus de paix.

Fruit de laborieuses négociations, cet accord censé ramener la paix dans la partie septentrionale du Mali, a été signé en mai - juin 2015 par le gouvernement et les groupe armés de la Plateforme, qui lui sont favorables, ainsi que par la Coordination des mouvements de l’Awazad (CMA), une coalition de mouvements rebelles à dominante touareg. Mais, depuis lors, Plateforme et CMA n’ont cessé de s’accuser mutuellement d’actes de provocation ayant fait plusieurs morts, laissant désemparées les populations du septentrion.

Installation des autorités intérimaires à partir du 13 février

Le vendredi 10 février, en présence notamment du chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, et du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, les signataires se sont fixé un nouveau calendrier pour la mise en œuvre de certaines dispositions clés de l’Accord de paix. Selon cet échéancier, l’installation des autorités intérimaires dans le Nord se déroulera du 13 au 20 février, à l’exception de Kidal, qui attendra le 28 février. Autre étape importante : les patrouilles conjointes censées préfigurer la formation d'une armée malienne unitaire. Selon le nouveau calendrier, ces patrouilles auxquelles participeront côte-à-côte des membres des actuelles Forces armées maliennes, des éléments de la Plateforme et de la CMA, doivent s'échelonner à partir du 20 février. « Les patrouilles mixtes démarreront à Gao, le 20 février », puis « le 28 février à Kidal, et à Tombouctou une semaine après ».

A Kidal, qui se trouve toujours aux mains des ex-rebelles de la CMA, « le retour de la représentation de l’Etat et des services déconcentrés se fera concomitamment avec l’installation des autorités intérimaires et des patrouilles mixtes prévues pour le 28 février ».

Plateforme et CMA ont exprimé leur satisfaction

Cette fois-ci est –elle la bonne ? « «Nous sommes tous attachés à cet accord, nous ne voyons pas d'autre alternative », a déclaré Ramtane Lamamra, saluant la volonté des signataires à aller de l’avant cette fois-ici.

A l’issue des travaux, les responsables de la Plateforme et de la CMA ont exprimé en tout cas leur satisfaction. Selon eux, cette réunion devrait permettre d’accélérer la mise en œuvre de l'accord.

La rencontre s’est tenue près d’un mois après l’attentat terroriste du 18 janvier qui avait fait près de 80 morts à Gao. L’attaque avait visé le camp du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), regroupant des membres des forces de défense maliennes ainsi que des combattants de la Plateforme et de la CMA désignés pour participer à des patrouilles conjointes.

Tout en dénonçant une attaque contre le processus de paix, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, avait déploré que « très peu d'avancées significatives (aient) été enregistrées » depuis la signature de l’Accord d’Alger. Le responsable onusien s'était d’ailleurs interrogé «sur la volonté réelle et l'engagement des signataires du processus de paix. »