07.04.08 - RWANDA/GENOCIDE - LE RWANDA N’ACCEPTERA PAS D’ETRE PIETINE PAR L’OCCIDENT (KAGAME)

Nyamata (est du Rwanda), 7 avril 2008 (FH) - Le Rwanda n’acceptera jamais d’être piétiné par la justice occidentale, a déclaré lundi le président rwandais Paul Kagame lors de la commémoration du 14ème anniversaire du génocide à Ntarama dans l’est du pays. « Nous n’accepterons jamais d’être mis à terre et piétinés », a indiqué Paul Kagame qui s’exprimait en langue nationale, le kinyarwanda, devant des milliers de ses concitoyens venus rendre hommage aux victimes du génocide des Tutsis de 1994.

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La cérémonie s’est déroulée près de l’église de Nyamata où 39.856 corps ont été enterrés depuis la fin du génocide. Lundi, 133 autres corps découverts récemment ont été mis en terre.
Le numéro un rwandais faisait allusion aux mandats d’arrêts émis en février dernier par le juge espagnol Fernando Andreu à l’encontre de quarante officiers rwandais qu’il accuse de génocide et de terrorisme ainsi qu’à ceux émis en novembre 2006 par le juge français Jean-Louis Bruguière à l’encontre de neufs de ses proches collaborateurs pour leur rôle présumé dans l’attentat contre l’avion qui a coûté la vie à l’ancien président Juvénal Habyarimana.
« Un juge en France ou en Espagne s’arroge le droit de poursuivre les Rwandais, ceux-là même qui ont arrêté le génocide ! Pour lui, ceux qui ont arrêté le génocide, ont-ils commis un crime ? C’est de l’arrogance », a estimé le président rwandais.
Paul Kagame a qualifié cela « d’inacceptable » et il a ajouté « que ces leaders des Forces rwandaises de défense sont mieux placés pour parler de droits de l’homme ». « Si nous, Africains, avions l’opportunité de juger ceux qui nous ont fait du mal », a souhaité Kagame, ajoutant, « ce que je dis ici, je voudrais trouver l’opportunité et les moyens d’en discuter avec d’autres dirigeants africains ».
Kagame s’est ensuite tourné vers ceux qui accusent son gouvernement d’avoir fait du génocide des Tutsis « un fonds de commerce » et a affirmé que « cela revient à insulter les Africains ». « Les gens comme nous [qui ont arrêté le génocide] ne sommes pas le genre de personnes qui pourraient utiliser le génocide pour quelque chose », a-t-il dit.
Kagame a enfin indiqué que dans le cadre du devoir de mémoire, les Rwandais ont pour obligation de travailler dur pour construire l’avenir auquel leur pays a droit. « Nous sommes un peuple, nous sommes une nation qui mérite la dignité. Nous ne demanderons de faveur à personne », a-t-il conclu.
SRE/ER/AT/GF