Référendum constitutionnel aux Comores: le "oui" en tête, selon des résultats partiels

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Le "oui" arrive "largement" en tête selon les premiers résultats du référendum constitutionnel aux Comores destiné à renforcer les pouvoirs du président Azali Assoumani et boycotté par l'opposition, a annoncé le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou.

"Les premières tendances sorties des urnes montrent que le +oui+ l'emporte largement", a indiqué le journal d'Etat Al-Watan mardi, en citant Mohamed Daoudou qui se base sur "70% des bureaux dépouillés".

Le taux de participation dans le petit archipel de l'océan Indien de moins de 800.000 habitants s'établit à 63%, a ajouté le ministre, se félicitant que le scrutin se soit "déroulé dans de bonnes conditions".

L'opposition, qui avait jugé le référendum "illégal", a immédiatement crié au "trucage". "Quels résultats ! Un scrutin truqué, des chiffres préfabriqués, voilà la consultation populaire du président Azali", a réagi mardi le secrétaire général du parti Juwa, Ahmed el-Barwane, interrogé par l'AFP.

Si le "oui" l'emporte, le président pourra briguer deux mandats de cinq ans consécutifs, contre un seul actuellement.

Outre cette disposition très controversée, le projet défendu par Azali Assoumani, un ancien putschiste élu en 2016, supprime aussi les trois postes de vice-président et la Cour constitutionnelle, plus haute instance judiciaire du pays. Il fait également de l'islam la "religion d'Etat" du pays, à 99% musulman.

L'opposition, qui a jugé le référendum "illégal", n'a pas fait campagne. Dans la capitale Moroni, seuls quelques rares portraits du président barrés d'un "oui" sont placardés.

Lundi, dans les nombreux bureaux de vote visités par les journalistes de l'AFP, les électeurs s'étaient très peu déplacés, avec souvent moins d'un quart de votants une heure avant la fin du vote.

Un constat partagé par les observateurs de la Force en attente de la région Afrique de l'Est (EASF).

"Dans la plupart des bureaux visités, il y avait moins de 20 électeurs qui attendaient. Mais quand on repassait une heure plus tard, on constatait soudain un afflux de bulletins dans l'urne", a déclaré à l'AFP Jules Hoareau de la mission de l'EASF. "Cela n'a pas de sens", a-t-il ajouté.

Il a aussi dénoncé le fait que "dans tous les bureaux visités" par l'EASF, "les représentants des partis n'ont pas été autorisés à signer les procès-verbaux", ce qui met "en doute la crédibilité du processus électoral".

 

- Pas d'"apocalypse" -

 

Le référendum s'est déroulé dans un climat tendu, alors que l'opposition dénonce les "abus de pouvoir" d'Azali Assoumani depuis des mois.

Plusieurs opposants ont été arrêtés, l'ex-président Ahmed Abdallah Sambi, grand rival d'Azali Assoumani, assigné à résidence et la Cour constitutionnelle suspendue.

Mais lundi, le scrutin s'est déroulé généralement dans le calme. Seul un incident grave a été signalé à Moroni, où des urnes ont été détruites dans deux bureaux de vote et un gendarme grièvement blessé.

"L'apocalypse n'a pas eu lieu", a estimé Al-Watan dans son éditorial.

Si le "oui" l’emporte, le président Azali Assoumani, dont le mandat expire en 2021, a prévu des élections anticipées en 2019.

Sa réforme modifierait profondément le système de présidence tournante en vigueur depuis 2001, qui a permis de stabiliser les Comores, théâtre de nombreux coups d'Etat et de crises séparatistes depuis son indépendance de la France en 1975.

La Constitution actuelle établit une présidence tous les cinq ans entre les trois îles formant l'Union des Comores (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan).

Au terme de son mandat de cinq ans, le président ne peut pas se représenter immédiatement. Il doit attendre que ce soit le tour de son île pour briguer de nouveau la fonction suprême.

En l'état actuel, Azali Assoumani, 59 ans et issu de la Grande-Comore, doit quitter ses fonctions en 2021 au profit d'une personnalité issue de l'île d'Anjouan pour un nouveau mandat de cinq ans.

Mais si le projet de révision constitutionnelle est accepté, il pourrait, à condition de remporter les élections, rester au pouvoir jusqu'en 2029.

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