08.03.2004 - TPIR/BUTARE - UN TEMOIN DE NOUVEAU A LA BARRE APRES UNE COURTE MALADIE

Arusha, le 8 mars 2004 (FH)- Un témoin du parquet qui était tombé malade jeudi dernier a poursuivi sa déposition lundi dans le procès du groupe Butare (sud du Rwanda) en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé "FAC" pour préserver son identité, le témoin a essentiellement mis en cause l'ancien préfet de Butare, Sylvain Nsabimana, et l'ancien maire de Ngoma, Joseph Kanyabashi.

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Nsabimana et Kanyabashi sont co-accusés avec l'ancien ministre de la famille et de la condition féminine, Pauline Nyiramasuhuko, ainsi que son fils, Arsène Shalom Ntahobali, un leader présumé des milices, un autre ex-préfet de Butare, Alphonse Nteziryayo, et l'ancien maire de Muganza, Elie Ndayambaje.

FAC, qui a avoué devant la justice rwandaise sa participation au génocide anti-tutsi en 1994, a affirmé qu'il avait, sur ordre de Kanyabashi, rejoint D'autres miliciens pour tuer les Tutsis et piller leurs biens.

"Les autorités ne nous ont pas punis, elles nous ont, au contraire, félicité pour le 'travail' bien fait", a indiqué le témoin. Il répondait à l'avocat de Kanyabashi, le Canadien Me Michel Marchand.

En prélude à cette attaque qui s'est déroulée en mai 1994, les autorités auraient organisé une réunion près D'un cimetière situé à proximité de l'Université nationale du Rwanda à Butare, selon la déposition de FAC.

A cette occasion, Kanyabashi et Nsabimana se seraient adressés à quelques 2000 personnes présentes et leur auraient demandé de chasser et tuer les Tutsis.

Me Marchand a sollicité une séance à huis clos en fin de contre-interrogatoire. A la reprise des débats en public, la parole a été donnée à Me Charles Tchakounte Patie, l'avocat camerounais de Nsabimana et au Canadien Me Richard Perras, qui représente Alphonse Nteziryayo.

Le "procès Butare" se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, assisté de la Malgache Arlette Ramaroson, et de l'Ougandaise Solomy Balungi Bossa. Le contre-interrogatoire de FAC se poursuivra mardi.

GA/NI/AT/GF/FH(BT''0308A)