17.02.2004 - TPIR/MILITAIRES I - NTABAKUZE AURAIT PREDIT DES MASSACRES APRES LE DECES DU PRESIDENT H

Arusha, le 17 février 2004 (FH)- Un témoin du parquet entendu par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a affirmé mardi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze, avait déclaré que le président Juvénal Habyarimana "ne devait pas mourir seul. "

"Ils l'ont tué mais il y a D'autres personnes qui vont être enterrées avant lui pour constituer une sorte de litière", aurait menacé Ntabakuze, à la suite de l'attentat contre le président Habyarimana dans la nuit du 6 avril 1994.

1 min 55Temps de lecture approximatif

Ces allégations ont été formulées par "GS", quarante huitième témoin de l'accusation dans cette affaire ouverte sur le fond en avril 2002. Le témoin travaillait à la compagnie des bâtiments militaires du camp Kanombe, a-t-il dit.

Vers la fin de l'année dernière, un autre témoin à charge avait déposé dans le même sens.

Le témoin GS a affirmé quà la suite des menaces lancées par Ntabakuze, " des éléments du bataillon para-commando étaient sortis du camp et avaient commis des massacres au quartier Kanombe".

Le témoin a ajouté qu'il avait vu des cadavres dans ce quartier dans la matinée du 7 avril 1994. M.GS a indiqué que parmi les personnes tuées se trouvaient des membres de sa famille.

La mort du président Habyarimana a été l'élément déclencheur du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts D'avril à juillet 1994.

La déposition de GS a suscité un débat houleux, la défense faisant valoir que le témoin apportait " des éléments nouveaux", qui ne lui avaient pas été communiqués auparavant. Les avocats ont par ailleurs plaidé que le témoignage de M.DS était basé sur l'ouï-dire.

Me André Tremblay, co-conseil canadien de Ntabakuze, a soutenu que le témoin était resté au camp toute la nuit du 6 avril 1994 ainsi que le lendemain matin.

La chambre a décidé de limiter l'interrogatoire du témoin à "des éléments pertinents".

D'après M.GS, Ntabakuze avait été par le passé impliqué dans l'entraînement et la distribution des armes aux milices Interahamwe. D'autres témoins du procureur avaient également allégué cela.

Ntabakuze est co-accusé avec l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, ainsi que l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva.

Accusés notamment de crimes D'entente en vue de commettre le génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, tous plaident non coupable.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

Le contre-interrogatoire de GS commencera mercredi.

GA/AT/GF/FH (Ml''0217BC)