27.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - DALLAIRE A CLOS SA DEPOSITION EN DECLARANT QUE KAGAME AVAIT PREDIT

Arusha, le 27 janvier 2004 (FH)- Le général canadien à la retraite, Roméo Dallaire, a clôturé sa déposition mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en affirmant que l'actuel président rwandais Paul Kagame avait prédit que le pays allait sombrer dans la violence à la veille du génocide de 1994.

l'ancien commandant de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) a comparu pour le compte du parquet depuis le 19 janvier dernier dans le procès de quatre hauts gradés des ex-Forces armées rwandaises (FAR).

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Le général Dallaire a essentiellement mis en cause l'ancien directeur de cabinet au ministère rwandais de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, le principal accusé dans ce procès.
"Nous sommes au bord D'un cataclysme et une fois enclenché, personne ne sera à mesure de le contrôler" aurait déclaré Paul Kagame le 2 avril 1994, quatre jours seulement avant le déclenchement du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un un million de morts en trois mois.

Kagame commandait le Front patriotique rwandais (FPR, opposition armée). Le gouvernement et le FPR avaient signé un accord de paix en août 1993 à Arusha (Tanzanie), et deux mois plus tard, le général Dallaire avait reçu mandat D'en superviser la mise en application.

A la question de savoir si Kagame avait exprimé " une prophétie", Dallaire a répliqué que, comme le gouvernement, le FPR " n'était pas disposé à respecter le cessez-le-feu."

Kagame aurait été averti par un ministre du gouvernement qu'en cas de reprise de la guerre les Tutsis seraient massacrés et il lui aurait répondu que les morts seraient considérés comme "du prix à payer", c'est à dire comme "des sacrifices", selon la déposition du général canadien.

Au lendemain de l'attentat contre l'avion du président Juvénal Juvénal et le déclenchement des massacres, "toute la dynamique des accords D'Arusha était perdue" a-t-il indiqué.

Le général Dallaire répondait aux questions de la défense de l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, l'un des co-accusés de Bagosora.

Les avocats de Nsengiyumva ont fait valoir que "Kagame plaçait sa victoire militaire au-delà de la vie des Tutsis".

Dans ce procès dit "Militaires I", Bagosora et Nsengiyumva sont co-accusés avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat-major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, ainsi que l'ex-commandant du bataillon para-commando de Kigali, le major Aloys Ntabakuze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

Trente-septième témoin à charge, le général Dallaire sera suivi par un ancien officier de la MINUAR, le major canadien Brent Beardsley.

GA/AT/GF/FH (Ml''0127C)