26.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - IL Y AVAIT UN PLAN POUR PROVOQUER LE CONTINGENT BELGE DE LA MINUAR,

Arusha, le 26 janvier 2004 (FH) - Les Rwandais avaient planifié de provoquer le contingent belge de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) a affirmé lundi le général canadien à la retraite, Roméo Dallaire, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Roméo Dallaire a commandé la MINUAR entre 1993 et 1994.

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Dix des casques bleus belges qui assuraient l'escorte du premier ministre Agathe Uwilingiyimana ont été assassinés par des éléments des ex-Forces armées rwandaises (FAR) le 7 avril 1994. Mme Uwilingiyimana a été également assassinée le même jour.

Le général Dallaire a indiqué qu'un "informateur" nommé Jean-Pierre Turatsinze, avait confié à la MINUAR, en janvier 1994, que les Belges allaient être provoqués par la population afin qu'ils aient recours à leurs armes, quitte à se faire tuer par la suite.

La défense de l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe, le major Aloys Ntabakuze, un des accusés dans ce procès dit "Militaires I " dans lequel Dallaire comparaît depuis une semaine pour le compte du parquet, a suggéré que le général canadien avait perdu le contrôle de certains éléments du contingent belge.

Le professeur américain Peter Erlinder a fondé son opinion sur les propos antérieurs du général-témoin selon lesquels certains soldats belges étaient "indisciplinés". l'avocat a par ailleurs déclaré qu'il serait étonnant que des provocations programmées en janvier puissent se concrétiser au mois D'avril.

Le général Dallaire a expliqué que ces provocations avaient été longtemps dirigées contre de petits groupes du contingent belge, et que cela avait été l'une des raisons ayant motivé le projet avorté de démantèlement des caches D'armes avant les massacres à grande échelle de 1994.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a refusé D'avaliser ce projet, au motif qu'il ne faisait pas partie du mandat de la MINUAR. Dallaire a estimé que ses supérieurs avaient refusé de créer "un autre Mogadiscio". Des soldats américains avaient été tués dans le cadre de l'opération "Restore hope" en tentant de désarmer les chefs de guerre somaliens.

Le général Dallaire est perçu comme un témoin "privilégié" car il était présent durant le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui ont fait un million de morts entre avril et juillet 1994. Il accuse la communauté internationale de lui avoir refusé les moyens D'arrêter les massacres.

Ntabakuze est co-accusé avec l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, présenté par le parquet comme le "cerveau" du génocide, l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, ainsi que l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva.

Tous plaident non coupable aux accusations de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre portés contre eux.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Egorov et fidjien Jai Ram Reddy.

GA/AT/GF/FH (ML"0126C)