26.01.2004 - TPIR/MILITAIRES I - UNE PARTIE DE l'ARMEE RWANDAISE ETAIT OPPOSEE A LA GUERRE EN 1994,

Arusha, le 26 janvier 2004 (FH) - l'ancien commandant de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), le général canadien Roméo Dallaire, a affirmé qu'une partie de l'armée rwandaise était opposée à la guerre en 1994, lors de son témoignage lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Roméo Dallaire, 58 ans, dépose depuis le 19 janvier dernier dans le procès dit "Militaires I", qui concerne quatre officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR).

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Il a témoigné contre le principal accusé, l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora.

Le général Dallaire, qui a servi au Rwanda entre octobre 1993 et août 1994, a indiqué que parmi les officiers qui étaient contre la guerre se trouvaient les généraux Marcel Gatsinzi et Léonidas Rusatira. l'armée gouvernementale était opposée aux rebelles du Front patriotique rwandais (FPR).

Marcel Gatsinzi a été chef D'Etat major pendant seulement neuf jours, après la mort du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Il a été alors remplacé par le général Augustin Bizimungu.

Roméo Dallaire a indiqué que bien que Marcel Gatsinzi et "peut-être quarante à soixante pour cent" des effectifs de l'armée étaient fatigués de la guerre et souhaitaient un cessez-le-feu, une autre partie travaillait main dans la main avec les milices Interahamwe pour saper leurs efforts.

Il a allégué que "environ 17.000 miliciens avaient été entraînés dans des camps militaires", en dehors des structures normales.

Le procureur présente les Interahamwe, les militaires de la garde présidentielle et ceux du bataillon para-commando de Kigali comme étant les plus impliqués dans le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui font fait un million de morts entre avril et juillet 1994.

Dallaire a déclaré que Bizimungu avait prouvé sur le terrain qu'il était un combattant "féroce" et un excellent commandant de bataillon mais qu'il était également connu pour avoir des sentiments anti-tutsis et être opposé à l'idéologie du FPR. Le général Bizumungu est détenu à Arusha en attendant son procès.

Considéré comme "le cerveau" du génocide, le colonel Bagosora est coaccusé avec l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat-major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando, le major Aloys Ntabakuze.

Tous ont plaidé non coupable de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Leur procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges russe Serguei Aleckseievich Egorov et fidgien Jai Ram Reddy.

AT/KN/GF FH (Ml''0126A)