Syrie: HRW déplore une faible protection du personnel luttant contre le coronavirus

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Human Rights Watch (HRW) a déploré mercredi des failles dans la protection par le régime syrien des professionnels de santé engagés dans la lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus en Syrie, pays ravagé par la guerre.

La Syrie a recensé jusqu’ici 2.830 cas de la maladie Covid-19, dont 116 décès dans les zones contrôlées par le gouvernement, mais selon HRW, les chiffres réels seraient bien plus élevés.

Durant le seul mois d’août, l’ONG a pu confirmer la mort de 33 médecins ayant souffert de symptômes du coronavirus, alors que le bilan officiel ne fait état que de 64 décès dans les zones gouvernementales depuis le début de l’épidémie, a indiqué HRW.

« Alors que les nécrologies de médecins et d’infirmières engagés dans la lutte contre la pandémie du Covid-19 s’accumulent, les chiffres officiels relatent un récit qui ne correspond pas à la réalité sur le terrain », a déploré l’ONG.

« Le pays est débordé, avec des hôpitaux au-delà de leurs capacités et des professionnels de santé confrontés à de graves pénuries d’équipements de protection individuelle (…) notamment dans les zones rurales », a ajouté HRW, en se basant sur les témoignages de médecins et d’infirmiers.

Masques médicaux et respiratoires, gants, blouses, couvre-chaussures et désinfectants fournis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne semblent pas atteindre le personnel médical en quantité suffisante, selon HRW.

Certains hôpitaux manquent d’infrastructures de base, tels que des bouteilles d’oxygène, des respirateurs et des lits.

« Le gouvernement syrien a déjà commis des crimes contre l’humanité contre son propre peuple. Son manque de préoccupation pour la santé de travailleurs en première ligne en pleine pandémie mondiale n’est donc malheureusement pas surprenant », a poursuivi l’ONG.

Mi-août, plusieurs sources médicales ont rapporté à l’AFP une hausse des décès et des infections au nouveau coronavirus parmi les médecins, en particulier dans les hôpitaux de Damas.

Un médecin s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a indiqué que la majorité des victimes n’avaient pas été soumises à un test mais avaient exhibé des symptômes du virus avant de mourir.

Le ministère de la Santé a récemment reconnu ne pas toujours avoir « la capacité de mener des dépistages à grande échelle dans les différentes provinces », indiquant que les chiffres officiels correspondent uniquement aux personnes testées.

Comme de nombreux secteurs en Syrie, celui de la santé a été fortement touché par la guerre depuis 2011, des hôpitaux ayant été bombardés, des médecins blessés ou forcés de fuir les combats et des infrastructures sous-équipées.