24.11.2003 - TPIR/GOUVERNEMENT II - LA DEFENSE DE MUGENZI MET EN DOUTE L’IMPARTIALITE D’UN TEMOIN

Arusha 24 novembre 2003 (FH) – La défense de l’ancien ministre du commerce sous le gouvernement intérimaire, Justin Mugenzi, a mis en doute l’ impartialité d’un témoin, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le deuxième témoin à charge, le Belge Eric Serge Rousseau, descend du côté maternel, D'une famille juive exterminée durant la shoah.

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Arrivé au Rwanda dès juillet 1994, il a sillonné le pays un an plus tard, dans le cadre D'une commission mise en place par le nouveau gouvernement
rwandais, pour identifier les sites des massacres et dénombrer les victimes.

La commission a déposé, en 1996, ses conclusions connues au TPIR sous le nom de « rapport Rousseau ».

L’avocat britannique de Justin Mugenzi, Me Ben Gumpert a fait remarquer à M. Rousseau qu’il avait « rendu de bons services » aux autorités rwandaises
avec son « rapport partial ».

En guise de récompense, le gouvernement rwandais lui assurerait actuellement « une vie confortable » à Kigali, selon l’avocat.

M. Rousseau évolue aujourd’hui dans le monde des affaires au Rwanda.

« Je n’ai pas plus d’avantages que n’importe quel autre belge résidant au Rwanda », a réagi le témoin, soulignant que sa commission avait effectué son
travail en toute indépendance.

Le défenseur de Mugenzi a par ailleurs demandé à Rousseau l’appartenance ethnique des membres rwandais de la commission.

Estimant qu’il n’y a pas d’ethnie au Rwanda, le témoin a répondu qu’il ne s’ était pas intéressé à connaître « à quel groupe » ils appartenaient.

Justin Mugenzi est co-accusé avec ses anciens collègues de la santé Casimir Bizimungu, de la fonction publique, Prosper Mugiraneza et des affaires
étrangères, Jérôme Bicamumpaka.

Ils sont poursuivis dans une affaire communément appelée Gouvernement II.

Chacun D'entre eux répond de six chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité.

« Partout où ils se rendaient (en 1994), leur passage était suivi de massacres et de disparitions de Tutsis", avait soutenu le substitut kenyan
du procureur, Paul Ng’arua, à l’ouverture du procès le 6 novembre.

Vendredi dernier, il avait versé en preuve des images vidéo des restes des victimes du génocide exhumées dans le cadre de l’enquête Rousseau.

Selon le procureur, les accusés sont responsables de la mort de 1.270. 000 personnes. Ils plaident non coupable.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge Asoka de Zoysa Gunawardana du Sri Lanka, assisté des
juges Khalida Rashid Khan du Pakistan et Lee Gacuiga Muthoga du Kenya.
ER/CE/FH (GVII'1124'A)