17.11.2003 - TPIR/GOUVERNEMENT II - L’ENQUETEUR EN CHEF DU TPIR AFFIRME IGNORER LE NOMBRE DE TUTSIS

Arusha 17 novembre 2003 (FH) - l'enquêteur en chef du bureau du procureur, le Zambien Maxwell Ephrem Nkole, a déclaré lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qu’il ne pouvait donner une estimation du nombre de Tutsis tués durant le génocide de 1994.

Il est le premier témoin cité par l’accusation dans le procès de quatre anciens membres du gouvernement intérimaire rwandais.

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Les ex-ministres de la santé, Casimir Bizimungu, de la fonction publique, Prosper Mugiraneza, des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka et du commerce, Justin Mugenzi répondent de six chefs d’accusation de génocide et de crimes contre l’humanité.

Maxwell Ephrem Nkole affirme avoir mené sept ans d’enquêtes sur les événements de 1994 dans lesquels les accusés auraient joué un grand rôle, selon le procureur.

L’avocat britannique de Justin Mugenzi, Me Ben Gumpert a demandé si, au terme de ces investigations, le témoin et son équipe n’étaient pas parvenus à une idée approximative du nombre des victimes tutsies.

« Nous avons le nombre total des victimes, qu’elles soient tutsies ou hutues modérées », a répondu M. Nkole réservant aux démographes le soin d’établir le bilan des pertes pour chaque groupe ethnique.

Le représentant du bureau du procureur dans cette affaire, le Kenyan Paul Ng’arua avait soutenu dans sa déclaration liminaire que les accusés sont responsables de la mort de 1.270. 000 personnes.

« Avez- vous reçu, lors de vos enquêtes, des informations selon lesquelles certains des cadavres découverts en 1994 sont des Hutus tués par le FPR ?» (Front patriotique rwandais, ex- rébellion aujourd’hui au pouvoir), s’est enquis le défenseur de Mugenzi.

« Il y a des informations à ce sujet. Le procureur a indiqué que les enquêtes sont en cours », a répondu le témoin.

L’avocat britannique a ensuite tenté de battre en brèche « la thèse de la planification » (du génocide) soutenue par le procureur.

M. Nkole a indiqué, dans sa réponse, que tous les documents qu’il a présentés sont « assez éloquents à ce sujet parce qu’ils témoignent de laplanification, de l’incitation et de l’exécution » (du génocide).

Par le biais de ce témoin, l’accusation a déposé plus d’une centaine de pièces à conviction comprenant notamment des propos attribués aux accusés avant ou pendant le génocide.

La défense de Justin Mugenzi est la deuxième à contre-interroger Nkole après celle de Casimir Bizimungu.

L’enquêteur en chef du bureau du procureur doit encore répondre aux questions des avocats de Jérôme Bicamumpaka et Prosper Mugiraneza.

Les débats se poursuivent mardi.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance duTPIR présidée par le juge Asoka de Zoysa Gunawardana du Sri Lanka, assisté des juges Khalida Rashid Khan du Pakistan et Lee Gacuiga Muthoga du Kenya.

ER/CE/FH (GVII'1117'A)