03.11.2003 - TPIR/NDINDABAHIZI - NDINDABAHIZI AURAIT ARRETE UN SUSPECT DE MASSACRES, SELON UN TEMOIN

Arusha, le 3 novembre 2003 (FH) - l'ex-ministre des finances sous le gouvernement intérimaire, Emmanuel Ndindabahizi, aurait arrêté un suspect de massacres en juin 1994, a affirmé un témoin cité par sa défense, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Au moment des faits, le treizième témoin de la défense était un responsable au sein de l'administration locale à Kibuye (ouest du Rwanda), la région D'origine de l'accusé.

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Il a déjà témoigné pour le procureur dans une autre affaire devant le TPIR. Il est actuellement détenu au Rwanda pour génocide.

Le témoin a indiqué que Ndindabahizi était venu le voir en juin 1994 et lui avait demandé D'enquêter au sujet D'un certain Augustin Karara, un cabaretier, qu'il venait D'arrêter pour participation présumée aux massacres au lieu-dit Gitaka, la colline natale de l'ancien ministre.

"Il y avait des allégations comme quoi il était impliqué dans des meurtres contre certaines personnes que Ndindabahizi connaissait et dans des pillages à Gitaka", a expliqué le témoin.

Emmanuel Ndindabahizi avait placé Augustin Karara au cachot communal de Gitesi, a dit le témoin.

l'ancien responsable administratif a indiqué qu'il a effectivement enquêté sur le cas Karara et qu'il l'a relaxé pour insuffisance de preuves.

Le témoin a indiqué que malgré le chaos qui prévalait à l'époque, il y avait des tentatives de procéder aux arrestations de suspects.

Emmanuel Ndindabahizi, 53 ans, répond de trois chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Kibuye. Il plaide non coupable.

Le parquet lui reproche D'avoir pris connaissance des massacres et de n'en avoir pas puni les auteurs.

Le témoin a ajouté que Ndindabahizi n'a jamais participé aux massacres à Kibuye. Il a expliqué que même des personnes détenues au Rwanda qui ont avoué leur implication dans le génocide à Kibuye ne l'ont jamais mis en cause.

Emmanuel Ndindabahizi est défendu par deux avocats français : Me Pascal Besnier et Me Guillaume Marçais.

Mardi, le témoin sera contre-interrogé par le procureur. Le procureur est représenté dans cette affaire par le Nigérian Charles Adeogun- Phillips et le Tanzanien Wallace Kapaya.

Les débats se déroulent devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté de l'Ougandaise Salomy Balongi Bossa et de la Pakistanaise Khalida Rachid Khan.

AT/GF/FH (NB1103A)