24.10.2003 - TPIR/NDINDABAHIZI - LE PROCES NDINDABAHIZI REPREND LUNDI

Arusha, le 24 octobre 2003 (FH) – Le procès du ministre rwandais des finances sous le gouvernement intérimaire, Emmanuel Ndindabahizi, poursuivi pour génocide et crimes contre l’humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) reprend lundi pour une session consacrée à l’audition des témoins à décharge.

« Nous comptons citer tous nos vingt témoins en novembre », a indiqué à l’ agence Hirondelle le conseil principal de la défense, Me Pascal Besnier.

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L’avocat français a précisé qu’il ferait comparaître dix-huit témoins des faits, un témoin expert et en dernier, comme il est de coutume au TPIR, l’accusé. «Pour le moment, nous avons déjà à Arusha suffisamment de témoins pour la semaine prochaine », a précisé Me Besnier.

Ndindabahizi, 53 ans, était membre du gouvernement intérimaire mis en place en avril 1994 sous lequel fut perpétré le génocide qui a fait un million de morts, selon l’actuel régime rwandais.

L’ex-ministre répond de trois chefs d’accusation de génocide et de crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis dans sa province natale de Kibuye (ouest du Rwanda). Selon le parquet, l’accusé, aurait mené, D'avril à juin 1994, « une campagne D'extermination contre la population civile tutsie» dans cette région.

Quinze témoins à charge se sont succédé à la barre en septembre pour soutenir cette thèse. Emmanuel Ndindabahizi a été arrêté le 12 juillet 2001 à Verviers en Belgique, et transféré, deux mois plus tard, au centre de détention des Nations Unies à Arusha.

Son procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, dirigée par le juge norvégien Erik Mose, également président du tribunal. Il est assisté de l’Ougandaise Salomy Balongi Bossa et de la Pakistanaise Khalida Rachid Khan.

Huit autres anciens hauts dignitaires rwandais comparaîtront à partir du 3 novembre dans deux procès distincts, Gouvernement I et II. Ce sont soit d’ anciens membres du gouvernement intérimaire ou d’anciens responsables de l’ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND).

Le TPIR, chargé de juger les principaux responsables du génocide de 1994, a prononcé, à ce jour treize jugements, dont un acquittement.

L’ancien chef du gouvernement intérimaire, Jean Kambanda, a été condamné définitivement à la réclusion à perpétuité le 19 octobre 2000 tandis que son ancien ministre de l’information, Eliézer Niyitegeka, a écopé de la même peine le 15 mai dernier en première instance.

La prison à vie est la peine maximale au TPIR.

ER/CE/GF/FH (NB’1024’A)