07.10.2003 - TPIR/GACUMBITSI - DEUX REFUGIES HUTUS RWANDAIS TEMOIGNENT EN FAVEUR DE GACUMBITSI

Arusha, le 7 octobre (FH) – Deux réfugiés hutus rwandais ont témoigné mardi pour la défense de l’ancien maire de Rusumo (province de Kibungo, est du Rwanda), Sylvestre Gacumbitsi, poursuivi notamment pour génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

M.

1 min 55Temps de lecture approximatif

Gacumbitsi, 56 ans, répond de cinq chefs D'accusation de génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis et des viols commis en avril 1994, en différents endroits de sa commune.

Il est notamment accusé d’avoir dirigé les massacres de l’Eglise catholique de Nyarubuye qui ont fait plus de 20.000 tués, selon des organisations de défense des droits de l’homme.

Désignés par les pseudonymes respectifs de UHT et UMT, le troisième et le quatrième témoins de la défense ont déclaré n’avoir jamais entendu dire que Gacumbitsi aurait ordonné de tuer des Tutsis dans sa commune, ni de piller ou violer.

Evoquant les tueries de Nyarubuye, le témoin UHT a indiqué que le véhicule communal est arrivé sur les lieux le 16 avril 1994 mais que Gacumbitsi n’était pas à son bord.

Selon de nombreux témoignages à charge, l’accusé s’y serait rendu pour déclencher les massacres.

«Aucune des trois personnes venues à bord de la camionnette ne pesait plus de 60 kilos », a rapporté le témoin soulignant que le maire était d’un poids de loin supérieur.

Lui et son beau-frère tutsi avaient été conduits de force à Nyarubuye par « des gens affublés de feuilles de bananiers », selon sa déposition.

Le témoin UMT a pour sa part affirmé n’avoir jamais entendu dire que Gacumbitsi ait ordonné que les Tutsis ne traversent pas la rivière Akagera pour se réfugier en Tanzanie.

L’accusation soutient que l’ex- maire aurait demandé lors d’une réunion publique qu’aucun Tutsi ne puisse s’échapper en traversant ce cours d’eau séparant le Rwanda et la Tanzanie.

Il a par ailleurs soutenu que les massacres et les pillages dans sa région ont été commis par «des bandits, des délinquants armés de lances, de machettes et de gourdins ». « Je ne sais pas si les autorités en étaient informées », a-t-il ajouté niant avoir vu Gacumbitsi durant cette période.

« Je ne l’ai revu que dans les camps de réfugiés en Tanzanie », a-t-il indiqué.Le procureur n’a pas jugé nécessaire de le contre-interroger.

Les débats ont été suspendus en fin de matinée suite à l’état de santé du témoin suivant. Le procès se poursuit mercredi.

L’accusé est défendu par les avocats camerounais Me Kouengoua (sans autre nom) et Me Anne Ngatio Mbattang.

Il comparaît devant la troisième chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sénégalaise Andrésia Vaz et comprenant en outre, les juges fidjien Jai Ram Reddy et russe Serguei Aleckseievich Egorov.

ER/CE/GF/FH (GA’1007’A)