04.09.2003 - TPIR/MILITAIRES I - DES SOLDATS AURAIENT TUE DES TUTSIS REFUGIES DANS UNE MOSQUEE

Arusha, le 4 septembre 2003 (FH) - Un témoin à charge entendu jeudi dans le procès de quatre hauts gradés de l'ancienne armée rwandaise en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a affirmé jeudi que des soldats ont tué des Tutsis réfugiés dans une mosquée en avril 1994.

Dénommé "HU" pour protéger son anonymat, le treizième témoin de l'accusation a rapporté qu'au lendemain de l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana qui a déclenché le génocide anti-tutsi et les massacres D'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois, environ 300 personnes, Hutus et Tutsis confondus, se sont réfugiées dans une mosquée dont il était responsable.

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Le témoin n'a pas indiqué l'endroit où se trouvait cette mosquée.

Des militaires seraient arrivés à la mosquée le 8 avril, en compagnie des Interahamwe (milices affiliées à l'ex-parti présidentiel) et auraient séparé les Hutus des Tutsis en se basant sur leurs cartes D'identité.

"Au moins 20 Tutsis ont été exécutés [par des Interahamwe], découpés à la machette ou à la coupe-coupe ou tués à coups de gourdin", a déclaré le témoin.

Des soldats avaient préalablement fusillé trois Tutsis, dans le but D'intimider quiconque tenterait de s'opposer à eux, selon M.HU.

Le témoin a allégué que les soldats en question appartenaient au bataillon de la garde présidentielle. l'ancien commandant de la garde présidentielle, le major Protais Mpiranya, est recherché par le TPIR.

Selon divers témoignages, des soldats et des gendarmes ont joué un rôle capital dans le génocide en ordonnant les massacres et en montrant l'exemple aux tueurs.

Le parquet affirme que les officiers supérieurs ont autorité sur l'ensemble des hommes de troupe, y compris ceux qui n'appartiennent pas à leurs unités.

Ce procès dit "des militaires" concerne l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, considéré par le parquet comme "cerveau du génocide", l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée, le général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali), le major Aloys Ntabakuze.

Ils sont accusés notamment de conspiration en vue du génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Ils plaident non coupable.

Le procès a été ajourné deux fois dès le début de la semaine, faute de témoins à charge, mais jeudi matin la situation s'était normalisée.

Les débats se déroulent devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté des juges russe Serguei Aleckseievich et fidjien Jai Ram Reddy.

GA/AT/GF/FH (Ml'0904A)