01.09.2003 - TPIR/NDINDABAHIZI - OUVERTURE DU PROCES DE l'ANCIEN MINISTRE DES FINANCES EMMANUEL NDIN

Arusha, le 1er septembre 2003 (FH) - Le procès de l'ancien ministre des finances sous le gouvernement intérimaire, Emmanuel Ndindabahizi, a débuté lundi après-midi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Emmanuel Ndindabahizi, 53 ans, répond de trois chefs de génocide et de crimes contre l'humanité (assassinat et extermination), selon un acte D'accusation amendé le 30 juin 2003.

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Le parquet allègue que D'avril à juin 1994, "Ndindabahizi a mené une campagne D'extermination contre la population civile tutsie" dans la province de Kibuye (ouest du Rwanda) dont il est originaire.

Au cours de cette période, l'accusé aurait notamment conduit des attaques contre des réfugiés Tutsis sur les hauteurs de Bisesero, le plus grand site de massacres dans cette province.

Dans sa déclaration liminaire, le substitut nigérian du procureur, Charles Adeogun-Phillips a soutenu que "l'accusé, en tant que membre du gouvernement intérimaire, a fréquemment visité la préfecture de Kibuye dont il est originaire pour inciter au massacres des Tutsis et diriger des attaques contre eux".

"Des civils, des gendarmes et des miliciens Interahamwe ont exécuté ses ordres" parce qu'il jouissait D'une "grande influence", selon Charles Adeogun-Phillips.

Le Tribunal a par la suite entendu les deux premiers témoins de l'accusation: un enquêteur du bureau du procureur et un témoin protégé.

l'enquêteur, Upendra Baghel, a présenté et commenté des photos prises à Kibuye pour donner à la chambre "une idée de la topographie et du paysage" des sites de massacres allégués.

Il a également produit des croquis relatant notamment les endroits où étaient érigés des barrages routiers pendant le génocide.

Dénommé "GKH" pour des raisons de sécurité, le témoin protégé a déposé en grande partie à huis clos. Il poursuit sa déposition mardi.

Emmanuel Ndindabahizi a été arrêté le 12 juillet 2001 à Verviers en Belgique, et transféré deux mois plus tard au centre de détention des Nations Unies à Arusha.

Il est défendu par deux avocats français, Me Pascal Besnier et Me Guillaume Marçais.

Le procès Ndindabahizi se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, assisté de la Pakistanaise Khalida Rachid Khan et de lOugandaise Solomy Balungi Bossa.

Mme Bossa est le premier juge ad litem (non permanent) à siéger au TPIR. Elle a prêté serment une heure avant l'ouverture du procès Ndindabahizi.

ER/AT/GF/FH (NB'0901A)