15.04.2003 - TPIR/KAJELIJELI - KAJELIJELI NIE AVOIR PARTICIPE A DES MASSACRES DE TUTSIS

Arusha, le 15 avril 2003 (FH) - l'ex-maire de Mukingo (province de Ruhengeri, nord du Rwanda), Juvénal Kajelijeli, a nié mardi avoir pris part aux massacres de Tutsis lors du génocide de 1994, devant la deuxième chambre du tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).

Le parquet allègue que "dès le 7 avril 1994, Juvénal Kajelijeli a organisé, supervisé et participé à des attaques lancées par contre les Tutsis de la commune de Mukingo et de la région avoisinante".

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L’ex-maire a déclaré au contraire qu'il a été informé des massacres dans les communes de Nkuli et Mukingo par d’autres sources. "C’est le Pasteur
Phénéas Karekezi qui m’a appris dans la journée du 7 avril que la mission adventiste de Rwankeri (Nkuli) était assiégée par des jeunes délinquants de
la localité", a raconté l’accusé. La nouvelle lui aurait été confirmée quelques heures plus tard par d’autres sources.

Kajelijeli possédait une résidence dans chacune de ces deux communes voisines.

Selon son témoignage, il se trouvait à son domicile de Nkuli lorsque l’ avion du président Juvénal Habyariamana s’est écrasé dans la nuit du 6 au 7
avril 1994. Il affirmé être resté confiné à Nkuli le 7 avril 1994, quoique "préoccupé par le sort de ma famille de Mukingo".

"En raison de la situation sécuritaire, je ne pouvais me rendre le 7 avril à Mukingo pour évacuer ma famille", a soutenu Kajelijeli expliquant que, de sa
résidence de Nkuli, il entendait de fortes détonations du côté de Mukingo.

Le 8 avril, il serait allé voir le maire de Nkuli, Dominique Gatsimbanyi, pour s’enquérir des nouvelles de Mukingo. "Gatsimbanyi, sous le choc, m’a
dit qu’il avait des nouvelles de massacres dans la commune Mukingo et que, selon ses sources, même les services de l’ordre étaient débordés", a
rapporté Kajelijeli.

Il a indiqué s’être tout de même rendu l’après-midi à Mukingo pour évacuer d ’autres membres de sa famille. Ces derniers auraient cependant décliné
cette offre d’évacuation, refusant d’abandonner des Tutsis qu’ils cachaient sous leur toit. "J’ai renoncé au plan d’évacuation et, vers la fin de la
journée, j’étais donc déjà de retour à ma résidence de Nkuli", a ajouté l’ ancien responsable administratif.

Dernier témoin à décharge dans cette affaire, Kajelijeli dépose pour sa propre défense depuis lundi.

Son interrogatoire principal devrait s’achever mercredi, selon les prévisions de son conseil principal, l’Américain Lennox Hinds.

L’accusé a été maire de la commune de Mukingo de 1988 à 1993, puis de juin à juillet 1994.

La deuxième chambre de première instance du TPIR est présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule, les juges Arlette Ramaroson de Madagascar
et Winston Churchill Matanzima Maqutu du Lesotho.

ER/CE/FH (KJ 04 15 A)