24.03.2003 - TPIR/BUTARE - LA DEFENSE CONTINUE A RELEVER DES CONTRADICTIONS D'UN TEMOIN A CHARGE

Arusha, le 24 mars 2003 (FH) - La défense dans le procès de six personnes poursuivies pour génocide en province (anciennement préfecture) de Butare (sud du Rwanda) a continué à relever des contradictions D'un témoin à charge, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les avocats contre-interrogeaient le vingt-troisième du parquet dans ce procès commencé en juin 2001.

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Les avocats canadiens Me Guy Poupart et Me Normand Marquis, co-conseils respectivement de l'ancienne ministre de la famille et de la promotion féminine, Pauline Nyiramasuhuko, et de son fils Arsène Shalom Ntahobali, ont relevé de nombreuses contradictions entre les différentes déclarations du témoin aux enquêteurs du parquet et sa déposition devant la chambre.

Dénommé "QY" pour protéger son identité, le témoin est une femme tutsie qui a allégué avoir été violée lors du génocide de 1994.

"Est-il exact qu'aucune de vos quatre déclarations aux enquêteurs du Tribunal n'indique que vous avez été violée au bureau de la préfecture ?", a notamment demandé Me Poupart.

QY a répondu que lors des entretiens avec les enquêteurs, elle n'avait pas eu le courage de rapporter les actes de viols mais que "maintenant ici devant la chambre, je peux le faire".

Mme QY a également reconnu qu'elle n'avait pas évoqué des viols commis, selon elle, dans des locaux de l'Eglise Episcopale au Rwanda (EER) et qu'elle n'avait pas non plus signalé que c'était la première fois qu'elle avait des relations sexuelles avec un homme.

Interrogée spécifiquement sur ce dernier sujet par Me Marquis, le témoin, qui s'exprimait en sa langue maternelle le kinyarwanda, a répondu: "Monsieur l'interprète, dites à l'avocat que je ne répondrai pas à cette question. J'en suis fatiguée"

Le juge président, le Tanzanien William Hussein Sekule, a plusieurs fois demandé à l'interprète D'expliquer à Mme QY qu'elle devait répondre à des questions au lieu de les éviter ou de donner des réponses inadéquates.

Lundi après midi, la chambre a siégé en grande partie à huis clos. Le procès Butare concerne outre Pauline Nyiramasuhuko et Arsène Shalom Ntahobali, les anciens préfets de Butare, Sylvain Nsabimana et Alphonse Nteziryayo, ainsi que deux ex-maires, celui de Ngoma, Joseph Kanyabashi et celui de Muganza, Elie Ndayambaje.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR comprenant outre le juge Sekule, les juges malgache Arlette Ramaroson et Winston Churchill Mantanzima Maqutu du Lesotho. Les débats se poursuivent mardi.

AT/NI/GF/FH (BT'0324A)