11.02.2003 - TPIR/KAMUHANDA - LA SOEUR DE l'EX-MINISTRE TEMOIGNE POUR SA DEFENSE

Arusha, le 11 février 2003 (FH) - Une des sœurs de l'ex-ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Jean de Dieu Kamuhanda, a témoigné en sa faveur, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Xaviera Nyiraminani, 36 ans, a fermement défendu son frère accusé de massacres de Tutsis dans sa région natale de Gikomero (province Kigali rurale, centre du Rwanda) en avril 1994.

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Vingt-cinquième témoin de la défense, Mme Nyiraminani devait initialement déposer sous un pseudonyme mais elle a informé la cour qu'elle souhaitait
témoigner à visage découvert.

Kamuhanda répond de huit chefs D'accusation de génocide et de crimes contre l'humanité, incluant des violences sexuelles. Selon l'acte D'accusation,
l'ancien ministre aurait planifié les massacres et distribué des armes aux miliciens en vue de tuer les Tutsis à Gikomero et de combattre les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR).

Xaviera Nyiraminani a déclaré que son frère n'était pas à Gikomero en avril 1994. "Je peux confirmer que Kamuhanda n'était pas à Gikomero le 12 avril 1994", a-t-elle indiqué, corroborant ainsi les déclarations de plusieurs autres témoins de la défense.

Le parquet du TPIR allègue que, le 12 avril 1994, Kamuhanda a dirigé une attaque contre des Tutsis qui s'étaient réfugiés à la paroisse de Gikomero. Selon le témoin, la dernière fois que Kamuhanda est venu à Gikomero, c'est un dimanche de Pâques, [tombé cette année-là le 3 avril] apportant des
cadeaux à sa mère qui était souffrante.

A la suggestion du substitut nigérian du procureur, Ibonokulu Babajide, selon laquelle l'accusé serait un des cerveaux des massacres, le témoin a répondu : "Si vous voulez dire que Kamuhanda était une personne très éduquée, je suis D'accord avec vous. C'était une personnalité importante étant donné ce qu'il avait fait pour notre famille. Quant à sa responsabilité dans le génocide, ce n'est pas vrai".

Jean de Dieu Kamuhanda est défendu par la Guinéenne Me Aicha Conde, secondée par la Congolaise Me Patricia Mongo. Il plaide non coupable.

Le procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge tanzanien William Hussein Sekule et comprenant en outre les juges malgache Arlette Ramaroson et Winston Churchill Mantanzima Maqutu du Lesotho.
AT/PJ/GF/FH (KH'0211A)