27.01.2003 - TPIR/MEDIAS - NGEZE ETAIT RECHERCHE PAR LES EX-FAR, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arushale 27 janvier 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, était recherché par des soldats des ex-Forces armées rwandaises (FAR) en 1994, a déclaré un témoin de la défense, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Ngeze était recherché.

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Il est impossible qu'il ait comploté avec ceux-là mêmes qui le recherchaient", a indiqué le témoin.

Désigné par les lettres AEZ1 pour protéger son anonymat, le témoin a affirmé que Hassan Ngeze était "l'ennemi" du commandant des opérations militaires dans sa ville natale de Gisenyi (nord-ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva. Cet officier est également détenu à Arusha.

AEZ1 est le cinquième témoin de la défense de Hassan Ngeze.

Selon lui, Ngeze a été détenu pendant trois jours, à partir du 6 avril 1994, pour avoir aidé des personnes persécutées à fuir le pays.

Le témoin, qui était voisin de l'accusé en 1994, a indiqué que "dans Gisenyi, Hassan Ngeze était une personne appréciée. Il était aussi sans peur et courageux".

Ngeze était directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura. Il est coaccusé avec deux anciens responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

AEZ1 a par ailleurs déclaré que Ngeze n'a pas tué un certain Modeste Tabaro, comme l'allègue le procureur.

"Le jour où Tabaro a été tué. Ngeze n'était plus à Gisenyi", selon AEZ1. Il a affirmé que la nuit précédant la mort de Tabaro, le domicile de Ngeze avait été attaqué par des soldats, l'obligeant à se mettre à l'abri.

Le témoin a en outre nié que Ngeze ait possédé une arme ou participé à la distribution D'armes pendant le génocide.

Le témoin qui a précédé EAZ1 a été entendu à huis clos dans la matinée. Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR. C'est le juge norvégien Erik Mose qui a dirigé les débats en l'absence de la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay. Il était assisté du juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/FH (ME'0127A )