14.01.2003 - TPIR/MEDIAS - POLEMIQUE A LA VEILLE DE l'AUDITION DES TEMOINS DE HASSAN NGEZE

Arusha, le 14 janvier 2003 (FH) - Une polémique s'est engagée mardi autour des témoins de la défense de Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est sur le point de présenter ses moyens de défense.

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Les témoins de Hassan Ngeze interviendront après ceux de l'un de ses coaccusés, le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana. Ce dernier vient de citer dix témoins des faits. Il lui reste à présenter des témoins experts, qui devraient intervenir en fin de procès.

Reproches répétés de la part du parquet
Dans une requête "urgente", le parquet a allégué que les avocats de Ngeze ne lui ont pas communiqué les déclarations des témoins dans les délais de quatorze à vingt et un jours précédant leur audition, violant l’ordonnance en la matière. Le parquet a affirmé que cela constituait un préjudice et a demandé que la défense soit sanctionnée pour outrage au Tribunal.

Par ailleurs, un responsable du greffe chargé de la protection des témoins, l'Ivoirienne Sylvie Becky, a déclaré que la défense lui avait remis tardivement les fiches D'identification de témoins, ajoutant qu'une dizaine D'entre eux seront néanmoins à Arusha cette semaine. Le premier devrait être entendu dès mercredi en milieu de matinée.

Le parquet a également indiqué que la défense ne lui avait pas notifié l'alibi de l'accusé, conformément aux règles du TPIR.

Hassan Ngeze est défendu par l'avocat américain Me John Floyd et un confrère canadien, Me René Martel.

l'équipe de la poursuite est quant à elle dirigée par l'Américain Stephen Rapp et comprend notamment la Kenyane Charity Kagwi, l'Américaine Simone Monasebian et le Camerounais William Egbe.

Le parquet a ensuite reproché aux avocats de Ngeze D'avoir contacté deux témoins à charge, sans l'autorisation du Tribunal. Dénommés RM10 et RM14, les témoins avaient D'abord été approchés par le procureur mais se sont par la suite désistés en faveur de la défense. Ngeze compte citer cinquante-cinq témoins.

Plaidant pour l'audition de ces deux témoins, Hassan Ngeze a déclaré :"Il vaut mieux mourir en disant la vérité que vivre dans le mensonge". Ces deux témoins devraient évoquer "la fabrication de preuves" contre Hassan Ngeze.

A toutes ces accusations, Me Floyd et Me Martel ont répondu qu'ils ne sont pas responsables de ces faits, évoquant notamment les difficultés de communication avec le Tribunal pendant les vacances judiciaires de fin D'année, la mauvaise foi du procureur et le refus de coopération du gouvernement rwandais.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0114A )