03.12.2002 - TPIR/MEDIAS - NAHIMANA A CITE SON ANCIEN MEDECIN POUR SA DEFENSE

Arusha, le 3 décembre 2002 (FH) - Le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a cité son ancien médecin pour sa défense, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec deux autres personnes, notamment D'entente et D'incitation directe et publique à commettre le génocide dans le procès des « médias de la haine ».

1 min 30Temps de lecture approximatif

Dénommé "B3" pour protéger son anonymat, l'ancien médecin de Nahimana est le huitième témoin de la défense. Sa déposition visait essentiellement à confirmer l'alibi de Nahimana pour la date du 29 mars 1994.

Un témoin de l'accusation avait en effet affirmé qu'à cette date Nahimana s'était rendu en province de Ruhengeri (nord du Rwanda), où il aurait participé à une réunion au cours de laquelle des massacres de Tutsis avaient été explicitement évoqués.

Le médecin a affirmé que durant cette période Nahimana avait "un accès palustre doublé D'une crise de gastrite" et était "sous perfusion", indiquant que l'accusé ne pouvait quitter son lit et voyager dans cet état. Ferdinand Nahimana habitait alors à Kigali.

La déposition du médecin vient corroborer celle de l'accusé lui-même ainsi que celle de son épouse. Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

La représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, a tenté de mettre à mal la crédibilité du témoin en se basant sur le fait qu'il était actionnaire de la RTLM et membre du parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR).

Le témoin a déclaré qu'il avait adhéré à ces institutions mais qu'il n'en était pas un membre influent. Il a ajouté qu'il désapprouvait toute action qu’elles auraient entreprises et qui violeraient les droits de l'homme.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de B3 se poursuit mercredi.

AT/CE/GF/FH (ME-1203A)