21.11.2002 - TPIR/RENZAHO - LE COLONEL THARCISSE RENZAHO PLAIDE NON COUPABLE

Arusha, le 21 novembre 2002 (FH) - l'ancien préfet de la ville de Kigali, le colonel Tharcisse Renzaho, a plaidé non coupable lors de sa comparution initiale jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Poursuivi pour génocide, ou alternativement pour complicité dans le génocide, et pour meurtre constituant un crime l'humanité, Tharcisse Renzaho, 58 ans, a comparu devant la juge sud-africaine Navanethem Pillay de la première chambre de première instance.

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Le parquet du TPIR lui reproche D'avoir eu "l'intention de détruire le groupe ethnique tutsi en tant que tel. En vertu de son autorité, il a, individuellement et de concert avec D'autres personnes, ordonné de tuer de nombreux Tutsis à la paroisse de l'église Sainte Famille, au Centre pastoral Saint-Paul et au Centre D'éducation des langues africaines (CELA)" dans la ville de Kigali.

"Je plaide non coupable, parce que dans ma vie je n'ai jamais à aucun moment nourri ou entretenu l'intention de tuer un groupe ou de commettre les crimes qui sont mentionnés dans l'article 2 du Statut du Tribunal", a déclaré l'accusé.

Renzaho aurait, selon l'acte D'accusation, " publiquement incité les civils hutus à tuer les Tutsis parce qu'ils étaient des Tutsis " l'accusé aurait en outre ordonné le meurtre de plusieurs personnes, dont un journaliste connu pour son opposition au gouvernement D'alors, André Kameya.

Dans un bref discours aux allures de plaidoirie, le colonel Renzaho a nié avoir planifié le génocide. La juge Pillay lui a expliqué qu'il était prématuré de présenter ses moyens de défense.

Tharcisse Renzaho faisait partie de la quinzaine de suspects de génocide figurant sur la liste américaine « Reward for Justice ». Il a été arrêté le 26 septembre 2002 en République démocratique du Congo (RDC) et transféré à Arusha.

Renzaho a également déclaré être préoccupé par sa sécurité. "J'ai le sentiment que [depuis l'exil en juillet 1994] J'ai été à plusieurs étapes pourchassé. Et, au cours de ce procès, des actes de ce genre pourraient se reproduire. Je demande donc votre protection au cas où des tentatives destinées à me nuire surviendraient. Il y en aura, J'en suis sûr".

La juge Pillay a assuré l'accusé que les Nations unies veilleraient à sa sécurité. La juge lui a également assuré du respect de se droits à un procès équitable.

Après l'arrestaion de Renzaho, un porte-parole du TPIR, avait indiqué qu'il "est un élément très important de tout le complot " du génocide. La date de l'ouverture de son procès n'a pas encore été fixée.

AT/CE/GF/FH (RE-1121A )