12.11.2002 - TPIR/NIYITEGEKA - l'EX-MINISTRE NIYITEGEKA PRÔNAIT LA PAIX, SELON UN ANCIEN POLIT

Arusha, le 12 novembre, 2002 (FH) -l'ex-ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka, prônait la paix entre les Rwandais, a déclaré un ancien politicien entendu mardi par le Tribunal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien responsable politique sous les ex-présidents Grégoire Kayibanda et Juvénal Habyarimana, André Sebatware, 63 ans, a été cité comme témoin par la défense D'Eliézer Niyitegeka, poursuivi pour génocide et crimes contre l'humanité.

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André Sebatware a affirmé que l'accusé était un démocrate et un homme de paix.

Sebatware a été notamment bourgmestre, préfet et ministre. Dans les années 1990, il avait adhéré au même parti que Niyitegeka, le Mouvement démocratique républicain (MDR, opposition).

"Il aimait la démocratie, la paix, soutenait les accords D'Arusha", a indiqué André Sebatware en parlant de Niyitegeka.

Les accords D'Arusha avaient été négociés entre le gouvernement rwandais et son opposition armée et prévoyaient notamment le partage du pouvoir entre divers acteurs politiques.

Le témoin a soutenu que l'accusé avait toujours combattu la discrimination ethnique et régionale.

André Sebatware a décrit Niyitegeka comme un chrétien pratiquant. "Tuer, voler, tout cela Niyitegeka ne pouvait le supporter. Son père était pasteur. Il était chrétien. Il allait à l'église. S'il avait commis ces crimes, il aurait violé les objectifs du MDR et péché contre ses ses convictions religieuses", a expliqué le témoin.

André Sebatware a déclaré que Niyitegeka avait du respect pour les femmes, s'étonnant de ce fait qu'il soit accusé notamment de viols.

Eliézer Niyitegeka est poursuivi pour des massacres de Tutsis dans sa région natale de Kibuye (ouest du Rwanda). Il plaide non coupable.

André Sebatware est le neuvième témoin de sa défense. Le témoin a indiqué qu'il était lui-même sur la liste des personnes recherchées pour génocide par Kigali, mais qu'il y figurait pour des raisons politiques.

Le témoignage de Sebatware se poursuit mercredi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sénégalaise Andrésie Vaz.

Sebatware devait initialement témoigner dans l'anonymat mais il a demandé de déposer à visage découvert, "parce que je n'ai rien à cacher", a-t-il dit.

AT/GF/FH (NI-1112A )