06.11.2002 - TPIR/CYANGUGU - LE PROCES DU GROUPE CYANGUGU AJOURNE AU 20 JANVIER 2003

Arusha, le 6 novembre, 2002 (FH) - Le procès du groupe Cyangugu (sud-ouest du Rwanda) a été ajourné mercredi jusqu'au 20 janvier 2003, faute de témoins de la défense de l'ex-commandant du camp Karambo dans cette région, le lieutenant Samuel Imanishimwe.

l'ajournement a été annoncé au terme de la déposition du vingtième témoin de la défense, dénommé "PBA" pour des raisons de sécurité.

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Ce dernier déposait pour le compte de l'accusé depuis mardi devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

PBA a appuyé la défense D'alibi développée le 15 octobre dernier, à savoir que l'accusé se trouvait dans une réunion de sécurité à Bukavu (dans l'ex-Zaïre) le 12 avril 1994.

En effet, c'est le témoin "PKA", officier des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR) attaché au groupement de la gendarmerie de Cyangugu au moment des faits, qui avait, pour la première fois, évoqué la tenue de cette réunion.

"C'était le mardi qui a suivi l'assassinat du président Juvénal Habyarimana [le 6 avril 1994]", a expliqué PBA.

PBA a précisé que Imanishimwe avait été accompagné par un officier gendarme, et qu'il faisait lui aussi partie du convoi, puisque il devait faire le marché à Bukavu, comme à l'accoutumée, pour la famille de l'accusé. "Nous sommes arrivés à Bukavu vers 9h30 du matin et retournés à Cyangugu à 17 heures", a-t-il déclaré.

Le parquet allègue que "le ou vers le 11 avril 1994, des réfugiés furent arrêtés et amenés au camp militaire de Cyangugu devant le lieutenant Samuel Imanishimwe, qui donna ensuite l'ordre de les exécuter. La défense maintient pour sa part qu'il n'y a jamais eu de cas D'arrestations, de tortures ou D'exécutions de civils dans le camp dont son client avait la charge entre avril et juillet 1994.

Imanishimwe est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ex-ministre des transports et communications sous le
gouvernement intérimaire, André Ntagerura. Ils plaident non coupables aux accusations de massacre des Tutsis perpétrés dans cette région entre avril et juillet 1994.

Le procès avait repris le 30 septembre dernier. La chambre a souhaité que la défense D'Imanishimwe clôture ses moyens de preuve à la fin du mois de janvier 2003, compte tenue des impératifs D'économie judiciaire, et "étant donné que le mandat des juges expire en mai prochain".

l'accusé a commencé la présentation de ses moyens de preuve le 3 octobre dernier. Il est défendu par l'avocat camerounais, Me Marie-Louise Mbida,
assistée par un confrère congolais, Me Jean Pierre Fofé, dans cette affaire ouverte sur le fond le 18 septembre 2000.

Après Imanishimwe, ce sera le tour de Bagambiki de présenter, en dernier lieu, ses moyens de preuve, Ntagerura ayant déjà clôturé les siens. l'avocat de l'ex-préfet, le Belge Me Vincent Lurquin a indiqué qu'il entend citer 31 témoins à l'appui de sa preuve à décharge.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Llyod Williams de Saint Kitts et Nevis, et comprenant en outre les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène, Pavel Dolenc.

La même chambre va reprendre le "procès des militaires" à partir du 18 novembre prochain.

GA/CE/GF/FH (CY-1106A)