31.10.2002 - TPIR/MEDIAS - UN ANCIEN COLLEGUE DE NAHIMANA TEMOIGNE EN SA FAVEUR

Arusha, le 31 octobre 2002 (FH) - Un ancien collègue du professeur Ferdinand Nahimana a témoigné en sa faveur, jeudi, dans le cadre du procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné par les lettres "AS1" pour protéger son anonymat, le cinquième témoin de la défense a étudié dans la même école que Ferdinand Nahimana et ils ont tous deux enseigné à l'Université nationale du Rwanda (UNR).

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Le témoin a indiqué que dans sa vie professionnelle, Ferdinand Nahimana, "était en bons termes avec ses collègues et avec les étudiants". M.AS1 a de
ce fait contredit les allégations du parquet selon lesquelles Ferdinand Nahimana était ethniste et régionaliste.

"Je n'ai jamais entendu parler à son endroit de comportements régionalistes ou ethnistes, soit dans ses enseignements, soit dans ses comportements humains", a déclaré le témoin. Selon M.AS1, Ferdinand Nahimana a toujours été "très remarquable".

Evoquant les années de jeunesse de Ferdinand Nahimana, le témoin a déclaré que "il était chaleureux, dynamique et sportif. Je ne l'a jamais vu fâché. Il était toujours souriant. Par ailleurs c'était un élève brillant".

M.AS1 a indiqué que Ferdinand Nahimana n'a jamais appartenu à des associations sectaires. Le témoin a notamment déclaré qu'il n'avait jamais entendu dire que l'accusé aurait été membre du "comité de salut" qui a organisé la chasse aux Tutsis à l'UNR dans les années 1970, comme l'allègue le procureur.

Le témoin a par ailleurs affirmé que Nahimana n'a jamais appartenu ou sympathisé avec la milice Interahamwe, considérée comme le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres D'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994.

M.AS1 a également indiqué que l'accusé n'a jamais développé de thèses divisionnistes dans ses écrits.

Ferdinand Nahimana a quitté l'UNR en décembre 1990 pour diriger l'Office Rwandais D'information (ORINFOR). Le parquet allègue que sa réintégration à l'UNR en 1992 aurait été contestée par plusieurs professeurs qui l'accusaient D'ethnisme. Le témoin a déclaré que les seuls reproches formulés à son endroit étaient liés à son appartenance au parti du président de la République.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. La déposition de AS1 se poursuit vendredi.

AT/CE/GF/FH (ME-1031A )