24.10.2002 - TPIR/MEDIAS - NAHIMANA N'EST PAS UN EXTREMISTE, AFFIRME UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arusha, le 24 octobre 2002 (FH) - Le second témoin de la défense dans le procès des "médias de la haine" a terminé sa déposition jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en affirmant que Ferdinand Nahimana, un des trois accusés, n'avait jamais versé dans l'extrémisme, contrairement aux allégations du procureur.

Désigné sous le pseudonyme G 99 pour protéger son anonymat, le témoin a déposé en faveur du promoteur allégué de la Radio-Télévision des Milles collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres D'opposants au Rwanda en 1994.

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"Je pense que Nahimana n'est pas un extrémiste, au vu de ce que J'ai constaté dans son comportement et dans ses travaux" de recherches.

Le témoin a indiqué qu'il connaît Ferdinand Nahimana depuis 1981. Il l’a côtoyé à l'Université nationale du Rwanda (UNR) où Ferdinand Nahimana a été
professeur D'histoire à l'UNR à partir 1977. M.G 99 a pour sa part étudié puis travaillé à l'UNR jusqu'en 1994.

Définissant un extrémiste comme quelqu'un D'intolérant, le témoin a affirmé qu'il n'avait jamais vu Ferdinand Nahimana agresser personne, physiquement ou verbalement, et qu'il ne l'avait jamais entendu tenir des propos extrémistes.

Le témoin a suggéré que ceux qui ont taxé Ferdinand Nahimana d’extrémiste ont versé dans la calomnie.

Ferdinand Nahimana a été souvent critiqué dans des journaux rwandais D'opposition dont "Isibo". Le témoin a indiqué que la plupart de ces journaux étaient des forums pour des règlements de comptes entre personnes.

Jeudi en fin de matinée, un nouveau témoin de la défense, "I2", a commencé sa déposition. Le témoin est une veille connaissance de Ferdinand Nahimana. Les deux personnalités appartenaient en effet au même parti, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), et avaient adhéré à un même cercle de réflexion.

M. I 2 a indiqué que Nahimana n'épousait pas les idées du parti anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République(CDR). De plus, "Ferdinand Nahimana était traité, de par son physique, comme un Tutsi" a déclaré le témoin, avant d’ajouter que les écrits de Nahimana montrent clairement qu'il n'était pas anti-tutsi.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité D'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de I2 se poursuit vendredi matin. Jeudi dans l'après-midi, la chambre poursuivait l'audition D'un procès alternatif, celui de l'ex-ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka.

AT/CE/GF/FH (ME-1024A )