24.10.2002 - TPIR/CYANGUGU - LA DEFENSE IRRITEE PAR LES OBJECTIONS DU PROCUREUR

Arusha, le 24 octobre 2002 (FH)- La défense de l'ex-commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu (sud-ouest), le lieutenant Samuel Imanishimwe, a exprimé son mécontentement face aux multiples objections du parquet, jeudi, lors de la déposition D'un témoin à décharge.

l'avocat camerounais de l'accusé, Me Marie Louise Mbida, procédait à l'interrogatoire de son treizième témoin, dénommé "PCI", devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

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PCI a relaté qu'il s'est rendu à la paroisse de Nyamasheke le 13 avril 1994, où s'étaient réfugiés des Tutsis fuyant les massacres. A la question de savoir s'il a appris qu'un événement quelconque s'est produit à la paroisse le 15 avril 1994, le témoin a répondu que "les réfugiés Tutsis et la population se sont affrontés".

Le substitut ougandais du procureur, Richard Karegyesa a objecté à la question, arguant que "la chambre ne devrait pas autoriser des éléments de preuve basés sur ouïe-dire". "[Le témoin] peut dire qu'il le sait ou qu'il ne le sait pas", a plaidé Me Mbida. Auparavant, la chambre avait estimé que "dans certaines limites", la preuve par ouïe-dire peut être autorisée, et qu'il lui appartient D'en apprécier la valeur probante.

Par souci de précision, Me Mbida a alors demandé si les militaires avaient pris part à ces affrontements. Cela aurait sans doute pu être un élément important
D'appréciation pour les juges, étant entendu que l'accusé était un responsable militaire au moment des faits.

Cependant, le procureur s'est levé de nouveau, faisant valoir que "la question est suggestive", et provoquant un tollé de la part de la défense. "Le procureur veut me perturber dans mon interrogatoire", a regretté Me Mbida, très agacé.

Tentant de calmer le jeu, le juge président George Williams de Saint Kitts et Nevis, a alors suggéré que la défense reformule sa question en tenant compte de la remarque du procureur. "Quels sont les groupes qui se sont affrontés ?", a ainsi rectifié la défense. "Hutus et Tutsis", a simplement répliqué PCI. "Je n'ai plus
D'autres questions Mr le président!", Me Mbida a ainsi conclu brusquement son interrogatoire.

Imanishimwe est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ex-ministre des transports et communications sous le gouvernement intérimaire, André Ntagerura. Ils plaident non coupables aux accusations de massacre des Tutsis perpétrés dans cette région entre avril et juillet 1994.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR comprenant outre le juge Williams, les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène, Pavel Dolenc.

Les débats ont été ajournés à lundi prochain.

GA/GF/FH (CY-1024A)