15.10.2002 - TPIR/CYANGUGU - LA DEFENSE D'IMANISHIMWE PRESENTE UN ALIBI

Arusha, le 15 octobre 2002 (FH) - Un témoin de la défense de l'ex-commandant du camp militaire de Karambo à Cyangugu (sud-ouest du Rwanda), le lieutenant Samuel Imanishimwe, a affirmé que ce dernier était en mission dans l'ex-Zaïre le 12 avril 1994.

Dénommé "PKA" pour protéger son identité, le septième témoin de la défense dépose pour le compte de l'accusé depuis lundi devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

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Au moment des faits, il était officier des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR), attaché au groupement de la gendarmerie de Cyangugu.

Le témoin a affirmé qu'il assistait à une réunion de sécurité à Bukavu dans la journée du 12 avril 1994, à laquelle a participé le commandant Imanishimwe, un des accusés dans ce procès. Selon PKA, l'objet de cette réunion était "la sécurité à la frontière commune entre le Rwanda et l'ex-Zaïre".

Le témoin a précisé que la réunion a débuté vers dix heures du matin et pris fin vers quinze heures trente. Elle était présidée par un officier zaïrois, le colonel Opango, au bureau du commandant de la circonscription de la région Kivu. C'est la première fois que l'accusé développe une défense D'alibi.

Le parquet allègue que « le ou vers le 11 avril 1994, des réfugiés furent arrêtés et amenés au camp militaire de Cyangugu devant le lieutenant Samuel Imanishimwe, qui donna ensuite l'ordre de les exécuter ». La défense maintient pour sa part qu'il n'y a jamais eu D'arrestations, de tortures et D'exécutions de civils dans le camp dont son client avait la charge entre avril et juillet 1994.

PKA a par ailleurs indiqué que c'est le commandant du groupement de la gendarmerie, le Major Innocent Munyarugerero, qui était "commandant de place" de Cyangugu en 1994, en raison de son grade le plus élevé. C'est ce dernier qui, D'après le témoin, a présidé une réunion le 7 avril 1994, enjoignant les militaires de se positionner aux points stratégiques, et aux gendarmes de veiller au maintien et au rétablissement de l'ordre public.

La déposition du témoin s'est poursuivie dans l'après-midi à huis clos et reprendra mercredi. La défense compte en effet ré-interroger le témoin pour
éclaircir certains points abordés lors du contre-interrogatoire par le parquet.

Imanishimwe est co-accusé avec l'ancien préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, ainsi que l'ex-ministre des transports et communications sous le
gouvernement intérimaire, André Ntagerura. Ils plaident non coupables aux accusations de massacre des Tutsis perpétrés dans cette région entre avril et juillet 1994.

Le procès du groupe Cyangugu se déroule devant la troisième chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge George Llyod Williams de
Saint Kitts et Nevis, et comprenant en outre les juges russe Yakov Ostrovsky, et slovène, Pavel Dolenc.

GA/FH (CY-1015A)